C’est toujours plus facile de briller dans un domaine où l’amour et le talent cohabitent. Autrement, lorsque vous aimez quelque chose et que vous y avez le don, vous vous en sortez tel un destin tout tracé. C’est certainement le cas de Djiman Gildas Kpataclo. Peintre polyvalent et décorateur, connu sous le pseudonyme Djime Decor, il a su transformer son amour pour le dessin en une profession qui fait rayonner son talent bien au-delà de Drabo, dans la commune d’Abomey-Calavi. Nous vous plongeons dans son univers.

Âgé de 36 ans et élancé, avec un teint noir, Djiman Gildas Kpataclo n’a pas attendu d’entrer dans un atelier pour commencer par manier un pinceau. En effet, dès l’école primaire, son amour pour le dessin se manifestait clairement déjà. « Au cours primaire, je m’en souviens comme si c’était hier, mes aînés qui étaient au CM² me sollicitaient pour décorer leur cahier de choix. De là, j’ai pris l’habitude de reproduire toute image qu’on me présentait. Même si ce n’était pas à 100 %, l’intéressé l’appréciait toujours. C’était un défi que je m’étais lancé. »

Cependant, malgré ses aptitudes scolaires et artistiques, son avenir académique s’assombrit lorsqu’il rate l’examen du CEP, faute de moyens pour constituer son dossier. « Étant au CEM¹, mon directeur voulait me faire passer l’examen du CEP avec ceux du CM². Mais pour cela, il fallait fournir des dossiers et donc de l’argent. Or, il faut l’avouer, je ne viens pas d’une famille aisée. Mes parents n’ayant pas les moyens de me permettre de préparer les dossiers de mon examen, je l’ai raté cette année-là. Choqué par cet obstacle, j’ai décidé d’abandonner l’école. »

La rencontre qui change tout

Un après-midi de mai 2003, alors qu’il errait sans but, Gildas découvre un atelier de peinture à Togba. Séduit par les œuvres exposées, il se sent irrésistiblement attiré par ce métier. « Je suis resté deux heures à contempler les toiles, et je voyais que c’était comparable à ce que je faisais à l’école. J’ai ensuite osé m’approcher du patron de l’atelier. Étonné, il me demandait : « D’où viens tu ? Je ne te connais pas. Comment t’appelles tu ? » Il a fallu que je me présente pour qu’il me reconnaisse comme un proche grâce à mon grand frère Albert. Un lien que moi-même j’ignorais. C’est ainsi que j’ai commencé mon apprentissage, » raconte-t-il.

Un chemin semé d’embûches

Après plusieurs années d’apprentissage, Gildas termine sa formation en 2009. Cependant, un autre défi l’attend. Celui de d’obtenir sa « libération », une étape essentielle pour devenir indépendant. Pour atteindre cet objectif, Djiman va embrasser tout ce qu’il trouve comme métier pouvant lui rapporter de l’argent. Dans la foulée il a eu la chance de gagner un marché à Drabo, où il lui revenait de décorer une célèbre buvette de l’époque, la « Buvette Toroh».

Par la suite, et ce, juste après sa libération, l’installation de son propre atelier se révèle tout aussi compliquée. Entre autres petits projets qu’il gagne, il a réussi à poser les briques. Heureusement, grâce au soutien du Dr Wenceslas Mahoussi, qui lui a confié la peinture de la bibliothèque de l’EPP Drabo, il parvient à financer une partie de son espace de travail. « Il m’a payé pour mon travail et m’a offert des tôles. Sans lui, je n’aurais peut-être pas pu ouvrir mon atelier.»

Une passion qui résiste aux difficultés

Aujourd’hui, Djiman Gildas Kpataclo est un peintre reconnu dans la région. Il réalise des fresques murales, des décorations intérieures et extérieures et propose ses services dans plusieurs villes du Bénin. Toutefois, le métier reste exigeant. « Parfois, on achète une peinture qui, une fois appliquée, ne donne pas le rendu souhaité. Il arrive même qu’on découvre qu’on a été victime de contrefaçon. Dans ces cas, c’est le peintre qui doit assumer et trouver une solution pour satisfaire son client », a-t-il révélé.

Malgré ces défis, il ne regrette en rien son choix et reste passionné par son art. « J’aime voir la satisfaction dans les yeux de mes clients. C’est ce qui me motive chaque jour. »

Un artiste accessible et prêt à transmettre son savoir

Djime Decor ne se contente pas de travailler pour lui-même. Conscient de l’importance de la transmission, il est prêt à former ceux qui souhaitent apprendre son métier et à partager son savoir-faire. « Si quelqu’un veut se lancer dans la peinture et la décoration, je suis là pour l’accompagner », confie-t-il.

Pour découvrir ses œuvres ou bénéficier ses services, il suffit de contacter le +229 01 95 99 99 03 ou le +229 01 90 58 72 84 ou le +229 01 43 69 98 18. Il partage également ses réalisations sur Facebook et TikTok sous le nom de Djime Décor ou kpataclo Djiman Gildas. Son atelier est situé à Drabo, quartier où lui-même habite. Précisément, en quittant Togba, son atelier est à 5 km du marché de Togba, à Drabo, juste avant la buvette Belle Vie de Drabo. De même, en quittant le goudron Kérékou, il est à 5 km en passant par le Carrefour Château, encore appelé Carrefour EPP de Drabo, il se situe à 500 m après la buvette Belle Vie de Drabo.

N. Faboladji Abèrèkéré

By Jupiter

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