La pré- éclampsie ou toxémie gravidique est une maladie que toute femme en état de grossesse redoute au plus haut point. Pernicieuse pour la mère et le fœtus, elle est souvent asymptomatique.

En dépit de la densité de la pré – éclampsie, elle est un mal à épier. L’ignorer ou la négliger peut être fatale pour la mère et le fœtus. La sage femme d’État Eunice Agbato nous livre ici le minimum à savoir sur la maladie.


QJ: Qu’est-ce que c’est la pré-éclampsie ?


SF: La pré-éclampsie est une complication de la grossesse caractérisée par une hypertension artérielle (tension artérielle élevée) et la présence de protéines dans les urines (protéinurie) qui surviennent généralement après la 20e semaine de grossesse. Dans certains cas, elle peut se développer plus tôt ou même après l’accouchement (pré-éclampsie du post-partum).


QJ: Quels sont les signes annonciateurs ?


SF: Il est important de noter que la pré-éclampsie peut parfois se développer rapidement et sans signes avant-coureurs évidents. Cependant, certains signes peuvent alerter :

  • Augmentation soudaine et importante de la tension artérielle. C’est souvent le signe le plus précoce détecté lors des consultations prénatales.
  • Œdèmes importants et soudains, en particulier au niveau du visage, des mains et des pieds. Un léger gonflement des pieds en fin de grossesse est courant, mais un gonflement rapide et généralisé doit être signalé.
  • Prise de poids rapide et excessive en peu de temps, non liée à l’alimentation.
    QJ: Comment se manifeste la pré – éclampsie ?
    SF:Outre l’hypertension et la protéinurie, la pré-éclampsie peut se manifester par divers symptômes, dont la sévérité varie d’une femme à l’autre . On peut citer :
  • Maux de tête sévères et persistants qui ne sont pas soulagés par les analgésiques habituels.
  • Troubles de la vision tels que des flashs lumineux, des taches noires, une vision floue ou une perte temporaire de la vue.
  • Douleurs abdominales en particulier dans la partie supérieure droite de l’abdomen (sous les côtes).
  • Nausées et vomissements qui surviennent tard dans la grossesse et ne sont pas liés aux nausées matinales habituelles.
  • Diminution de la quantité d’urine.
  • Essoufflement.
  • Dans les cas sévères, des convulsions (éclampsie).

QJ : Quelles sont les conséquences qui peuvent découler de la pré-éclampsie ?


SF: La pré-éclampsie peut avoir des conséquences graves pour la mère et le bébé :
Pour la mère :

  • Eclampsie : Survenue de convulsions, mettant en danger la vie de la mère et du bébé.
  • Syndrome HELLP : Une complication sévère associant hémolyse (destruction des globules rouges), élévation des enzymes hépatiques et thrombopénie (diminution des plaquettes sanguines).
  • Accident vasculaire cérébral (AVC).
  • Hémorragie cérébrale.
  • Insuffisance rénale ou hépatique.
  • Décollement placentaire.
  • Dans de rares cas, le décès maternel.
  • À long terme, un risque accru de développer des maladies cardiovasculaires.
    Pour le bébé :
  • Retard de croissance intra-utérin (RCIU) : Le bébé ne reçoit pas suffisamment de nutriments et d’oxygène.
  • Prématurité : Nécessité de déclencher l’accouchement prématurément pour protéger la mère et/ou le bébé.
  • Souffrance fœtale aiguë.
  • Mort fœtale in utero.

QJ: Comment une femme peut prévenir la pré-éclampsie ?


SF: Malheureusement, il n’existe pas de moyen garanti de prévenir la pré-éclampsie. Toutefois, certaines mesures peuvent aider à réduire le risque.

  • Adoption d’une alimentation saine et équilibrée, riche en fruits, légumes et protéines, et limitée en sel.
  • Maintien d’une activité physique modérée, selon les recommandations du professionnel de santé.
  • Supplémentation en aspirine à faible dose peut être recommandée par le médecin chez les femmes à haut risque (par exemple, antécédents de pré-éclampsie lors d’une grossesse précédente). Il est crucial de ne pas prendre d’aspirine sans avis médical.
  • Gestion du poids avant la grossesse
  • Arrêt du tabac.

La pré – éclampsie, parfois facteur de décès materno- fœtale est un mal à prendre avec des pincettes. La prévenir est nécessaire, mais rien ne prouve qu’e fois enceinte, l’on en est épargné. Suivre sa grossesse correctement et minutieusement s’avère alors primordial. Les consultations prénatales, les conseils du gynécologue, la prise des médicaments, vivre dans un environnement sain, voilà autant de facteurs qui peuvent permettre à une femme enceinte d’accoucher en santé.

Huguette Hontongnon

By Jupiter

Solverwp- WordPress Theme and Plugin