Capitale du commerce négrier et porte océane du royaume du Danxomè, Ouidah a connu une ascension fulgurante avant de sombrer dans un déclin progressif sous l’ère coloniale française. Dans son ouvrage Trajectoire d’une ville coloniale, l’historien Valère Sogbossi retrace avec rigueur et sensibilité le destin d’une cité qui fut, des siècles durant, le cœur battant du Golfe du Bénin.

Un ouvrage de référence

Publié aux Éditions L’Harmattan, Trajectoire d’une ville coloniale s’impose comme une contribution majeure à l’historiographie du Dahomey. En retraçant le parcours de Ouidah, l’auteur éclaire le rapport complexe entre colonisation, économie et mémoire collective au Bénin.

De Gléxwé à Ouidah, une histoire forgée par la mer et les hommes

Fondée par le roi Kpassè au XVIᵉ siècle, Gléxwé devenue Ouidah s’impose très vite comme un carrefour stratégique de la traite transatlantique. Son ouverture sur la Côte-sous-le-Vent et ses voies navigables en font un centre d’échanges international, convoité par les puissances européennes. En 1727, son intégration au royaume du Danxomè marque un tournant, Ouidah devient à la fois port royal et comptoir commercial, liant le destin du royaume aux grandes routes du commerce mondial.

De la prospérité à la marginalisation

Avec l’abolition progressive de la traite, la ville se reconvertit dans le commerce de l’huile de palme, soutenue par les Afro-Brésiliens revenus s’installer sur la côte. Mais cette prospérité ne dure qu’un temps. En 1892, la colonisation française redistribue les cartes. Porto-Novo et Cotonou deviennent les nouveaux centres administratifs et économiques, reléguant Ouidah au second plan. Les priorités coloniales, les crises économiques de l’entre-deux-guerres et la centralisation du pouvoir entraînent peu à peu le déclin irréversible de la ville dans les années 1950.

Une mémoire à réhabiliter

À travers ses 434 pages, Valère Sogbossi ne se limite pas à l’histoire économique, il interroge aussi la mémoire d’une cité marquée par la traite, la colonisation et la résilience de son peuple. L’auteur, docteur en histoire contemporaine de l’Université de Toulouse 2, plaide pour une lecture lucide du passé afin de comprendre les défis du présent. Ouvrage disponible sur www.editions-harmattan.fr ou dans les librairies (16 et 21 rue des Écoles, 75005 Paris).

Fiacre Awadji

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