Les conditions d’organisation du test de recrutement des assistants universitaires au Bénin suscitent des interrogations chez certains candidats. À travers une lettre ouverte datée du 20 novembre 2025, Sandry Richard Gbetey, candidat en Lettres Modernes, exprime ses réserves quant à la conformité de l’épreuve et à l’objectivité de la correction, et demande à la Ministre de la Fonction Publique des clarifications pour garantir transparence, équité et respect des spécialités. Ci-dessous la lettre
Lettre ouverte à Madame la Ministre de la Fonction Publique
Madame la Ministre,
Nous observons, depuis laccession au pouvoir de son Excellence Monsieur Patrice Talon, la mise en uvre dune série de réformes touchant quasiment à tous les secteurs de la vie publique. Il faut le dire, ce choix de gouvernance nécessite un courage particulier. Ceci est à lactif du Président de la République et de lensemble de son régime dont vous êtes, Madame la Ministre, une figure marquante.
Le mode de recrutement dans les universités publiques du Bénin na pas échappé à lattention du Chef de lEtat. Il a entrepris dy introduire un mécanisme visant à garantir les mêmes chances à tous les candidats. Ce mécanisme a donné lieu, ces derniers mois, à une succession dactes manifestement transparents : inscription au fichier FNAES, définition des spécialités, lancement du test de recrutement, inscription des candidats, publication de la liste provisoire des candidats, publication de la liste définitive, programmation de la composition, puis composition des candidats suivie de la publication des résultats.
Seulement, Madame la Ministre, les résultats tendent à fausser lobjectif de transparence visé par le Chef de lEtat. Je voudrais, à ce sujet, vous assurer de ma sérénité ; quant à lissue de cette composition, me concernant : les résultats proclamés ne me déclarent pas admissible. Je prends acte de cela, même si je doute que mes copies aient été corrigées objectivement.
Ne pouvant dire que ce qui concerne ma filière (Lettres Modernes) et ma spécialité (Littérature Africaine (français/anglais)), je voudrais soulever une confusion liée à notre épreuve de spécialité ; confusion à lorigine du doute qui manime actuellement. Je me fais le devoir de joindre à cette lettre, lépreuve ainsi quun extrait de la table des correspondances docimologiques qui devrait servir de référence à la correction ; étant donné que la formation Lettres Modernes n’est pas une spécialité.
La table des correspondances docimologiques indique en effet clairement, pour la formation Lettres Modernes, les matières à composer par spécialité : littérature comparée (épreuve de Technique dexpression écrite et orale) ; littérature française (approche générale de la littérature) ; et littérature africaine (français/anglais) (littérature béninoise).
Le jour de la composition, nous recevons lépreuve de spécialité qui comporte les matières ci-dessus indiquées ; à savoir : « MATIERE : TECHNIQUE DEXPRESSION ECRITE ET ORALE » ; « MATIERE : APPROCHE GENERALE DE LA LITTERATURE » ; et « MATIERE : LITTERATURE BENINOISE ». Je voudrais insister sur le terme « matière » qui signifie quelque chose de bien différent qu’un exercice d’une épreuve unique. En plus, lépreuve est à traiter sur une durée de 3 heures. Evidemment, chaque candidat lucide devrait composer la matière relative à sa spécialité ; dailleurs, le bon sens défend de penser, par exemple, quun candidat spécialiste de littérature française et candidat dans cette spécialité devrait composer la matière « LITTERATURE BENINOISE ». Je me suis donc occupé à traiter la matière « LITTERATURE BENINOISE » relevant du champ « Littérature Africaine » ; ceci, contre lavis des surveillants de salle qui disaient quil est demandé de composer toutes les matières de lépreuve. La table des correspondances docimologiques me paraissant plus cohérente que cette recommandation orale, je my suis logiquement soumis ; mieux, traiter les trois matières en trois heures est raisonnablement intenable. Jai composé, comme il se doit ; et je puis dire, sans aucune prétention, que je mattendrais à mieux qu’au verdict des résultats publiés ce jour (20 novembre 2025), si la table des correspondances docimologiques est respectée à la correction.
Madame la Ministre, jécris cette lettre davantage pour comprendre ce qui sest passé dans la correction des copies que pour solliciter un traitement de faveur. A cet effet, je souhaite accéder à mes copies ; pour d« ultimes vérifications et contrôles » afin de me rassurer notamment de la logique qui a présidé à la correction de lépreuve de spécialité. Ceci aiderait à dissiper mes soupçons de manquements aux principes dégalité, de justice et de transparence sur lesquels le Président de la République et son gouvernement ont fondé cette réforme salutaire.
Dans lespoir dêtre entendu, je vous prie de recevoir, Madame la Ministre de la fonction publique, lexpression de ma profonde gratitude.
Sandry Richard D. GBETEY
