La victoire de Danylo Yavhusishyn, un Ukrainien de 21 ans, au Grand tournoi de sumo de Kyushu à Fukuoka, a été éclipsée par un débat plus large sur la place des femmes dans ce sport traditionnel japonais. La première ministre, Sanae Takaichi, n’a pas pu remettre la Coupe du premier ministre au vainqueur, car les femmes n’ont pas le droit de fouler le dohyo, le ring sacré du sumo.
Cette interdiction, qui remonte à des siècles, est justifiée par des croyances shinto selon lesquelles les femmes seraient « impures » en raison de leurs menstruations et risqueraient de souiller la pureté du lieu. Cependant, la nomination de Sanae Takaichi à la tête du gouvernement a ravivé ce débat, mettant en lumière les tensions entre tradition et égalité des sexes au Japon.

Une première ministre face à un dilemme
Sanae Takaichi, connue pour ses positions conservatrices, est la première femme à occuper le poste de première ministre du Japon. Son silence sur la question du sumo a été remarqué, et il est probable qu’elle soit confrontée à une décision difficile : soit elle respecte la tradition, soit elle prend position en faveur de l’égalité des sexes.
Il est à noter que des précédents existent, comme l’incident en 2018 où des femmes avaient bravé l’interdiction pour secourir un maire malade, provoquant l’indignation des puristes du sumo. L’Association japonaise de sumo reste pour l’instant campée sur sa position, affirmant vouloir préserver la culture traditionnelle du sumo.
La décision de Sanae Takaichi sera scrutée de près, car elle pourrait marquer un tournant dans l’histoire du sumo et de la place des femmes dans la société japonaise.
Huguette Hontongnon
