La Guinée-Bissau replonge dans la tourmente politique. Ce mercredi, des soldats sont apparus à la télévision d’État pour annoncer qu’ils avaient pris le contrôle du pays, alors que des coups de feu avaient été signalés près du palais présidentiel. Dans la foulée, le président a affirmé à des médias français qu’il avait été destitué et arrêté, plongeant le pays dans une nouvelle crise institutionnelle, trois jours seulement après les élections nationales.
L’ONU exprime une “profonde inquiétude”
À New York, les premières réactions n’ont pas tardé. Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général des Nations unies, a déclaré que celui-ci suit la situation “en profondeur” et “avec une profonde inquiétude”. Le Secrétaire général appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue et à respecter scrupuleusement l’État de droit, dans un contexte où l’escalade pourrait déstabiliser davantage la région. La CEDEAO suit également de près ce qui s’apparente à un nouveau coup de force dans un espace ouest-africain secoué par une succession de putschs depuis quatre ans.
L’armée justifie son action par un “plan de déstabilisation”
Dans son communiqué télévisé, le haut commandement militaire affirme avoir agi pour contrer “un plan de déstabilisation du pays impliquant des ressortissants nationaux et étrangers”. Les militaires annoncent la suspension du processus électoral ainsi que la fermeture immédiate des frontières, des mesures qui rappellent les premières heures de plusieurs coups d’État récents au Mali, au Burkina Faso ou encore au Niger.

Une histoire politique marquée par les putschs
Depuis son indépendance, la Guinée-Bissau vit sous la menace récurrente de l’instabilité militaire. Le pays a déjà enregistré quatre coups d’État réussis et de nombreuses tentatives, dont l’une encore signalée le mois dernier. Ce nouvel épisode s’ajoute à une liste inquiétante de prises de pouvoir en Afrique de l’Ouest, où les transitions forcées deviennent un phénomène récurrent.
Alors que les institutions internationales appellent au calme, l’incertitude demeure totale à Bissau. Le pays, déjà fragilisé par des décennies de crises, entre dans un nouveau cycle dont l’issue reste largement imprévisible.
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La Rédaction
