Le général Mamadi Doumbouya, chef de la transition guinéenne depuis le coup d’État de septembre 2021, domine largement l’élection présidentielle organisée le 28 décembre 2025. Selon les résultats provisoires rendus publics par les autorités électorales, le dirigeant de la junte arrive en tête face à ses adversaires, confirmant son statut de grand favori du scrutin.

Cette présidentielle marque la première consultation électorale nationale depuis le renversement de l’ancien président Alpha Condé. Elle s’inscrit dans un contexte politique profondément remodelé par la transition militaire, notamment après l’adoption, en septembre 2025, d’une nouvelle Constitution autorisant les militaires à se porter candidats à la magistrature suprême.Le général Doumbouya, qui avait initialement promis de ne pas se présenter, a finalement fait le choix d’entrer dans la course, bénéficiant d’un appareil d’État largement acquis à sa cause et d’une visibilité politique sans équivalent.
Une opposition marginalisée et un boycott dénonciateur
Le scrutin s’est tenu dans un climat de fortes tensions politiques. Plusieurs figures majeures de l’opposition ont été écartées du processus électoral, conduisant une partie des partis et des mouvements citoyens à appeler au boycott de l’élection.Ces acteurs dénoncent un processus électoral verrouillé, estimant que les conditions d’une compétition équitable n’étaient pas réunies.
Malgré ces appels, les autorités annoncent un taux de participation élevé, avoisinant les 85 %. Ce chiffre est vivement contesté par des organisations de la société civile, qui parlent d’un scrutin peu inclusif et dénoncent des restrictions aux libertés politiques durant la campagne.
Une victoire effective mais contestée
Sur le terrain, la domination de Mamadi Doumbouya n’est pas à démontrer. Face à une opposition affaiblie et fragmentée, ses adversaires peinent à mobiliser un électorat significatif. Cette situation renforce la perception d’un scrutin joué d’avance, alimentant les critiques sur la légitimité démocratique du processus.Des observateurs nationaux et internationaux soulignent toutefois que cette élection pourrait ouvrir une nouvelle phase institutionnelle, tout en avertissant que la stabilité politique à long terme dépendra de l’inclusivité du pouvoir et du respect des libertés publiques.
Des enjeux majeurs pour l’avenir du pays
La victoire annoncée du général Doumbouya pose de nombreux défis pour la Guinée : réconciliation nationale, restauration de la confiance démocratique, relance économique et normalisation des relations avec les partenaires internationaux.Si ce scrutin marque officiellement la fin de la transition, il laisse également planer des interrogations sur la capacité du nouveau pouvoir à gouverner dans un cadre véritablement démocratique.
Huguette Hontongnon
