Une nouvelle étude de Organisation internationale du Travail (OIT) révèle l’ampleur alarmante de la violence et du harcèlement dans le monde du travail en Afrique de l’Ouest. Selon ce rapport publié le 10 mars 2026, plus de la moitié des travailleurs déclarent avoir subi ces abus au Sénégal (65 %) et en Côte d’Ivoire (58 %), tandis que près d’un sur deux est concerné au Burkina Faso (43 %).
Intitulé « Rendre visible l’invisible », le rapport met en lumière un phénomène largement sous-estimé mais aux conséquences profondes sur la santé et la productivité. La violence psychologique apparaît comme la forme la plus répandue, souvent accompagnée de violences physiques ou sexuelles. Les hommes sont davantage exposés aux agressions physiques, tandis que les femmes sont plus touchées par le harcèlement sexuel. Les jeunes et les travailleurs âgés figurent parmi les catégories les plus vulnérables.
Au-delà du lieu de travail, ces violences surviennent aussi dans les transports, lors des interactions avec le public ou dans les environnements numériques. Les auteurs ne sont pas toujours des collègues ou des supérieurs hiérarchiques : des clients, patients ou inconnus figurent fréquemment parmi les agresseurs. Les impacts sont lourds. Jusqu’à la moitié des victimes signalent une dégradation de leur santé mentale, marquée par la dépression, l’anxiété et le stress, tandis qu’un tiers évoque des problèmes de santé physique. Cela entraine de baisse de motivation, absentéisme accru et chute de la productivité.
Malgré cette réalité préoccupante, 40 % des victimes ne signalent pas les faits. La peur des représailles, la crainte de la stigmatisation et le manque de confiance dans les mécanismes de plainte expliquent en grande partie ce silence. Face à cette situation, l’OIT appelle les gouvernements, les employeurs et les travailleurs à accélérer la mise en œuvre de la Convention n° 190 de l’OIT sur la violence et le harcèlement, premier cadre international visant à garantir à chacun un monde du travail exempt de violence et de harcèlement. Le rapport formule douze recommandations pour renforcer la prévention, la protection des victimes et les mécanismes de réparation.
En rendant visible une réalité longtemps passée sous silence, cette étude rappelle une évidence. Elle rappelle que la dignité au travail reste encore un combat dans de nombreuses sociétés.
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Fiacre Awadji
