Le Cameroun vient de franchir un tournant institutionnel majeur. Réunis en congrès ce samedi, députés et sénateurs ont adopté à une écrasante majorité une révision constitutionnelle introduisant un poste de vice-président de la République, désormais désigné directement par le chef de l’État.
Porté par le parti au pouvoir et déjà validé en commission, ce texte marque une rupture avec plusieurs décennies de fonctionnement institutionnel. Il ouvre la voie à une nouvelle organisation du sommet de l’État, concentrant davantage de pouvoir entre les mains du président.
Mais cette réforme est loin de faire l’unanimité. Figure de proue de l’opposition, Maurice Kamto a vivement dénoncé, la veille du vote, une manœuvre qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel » selon les informations rapportées par Africanews. Dans une prise de parole musclée, le leader du MRC a annoncé le lancement prochain d’une pétition nationale pour mobiliser l’opinion publique contre cette révision.
Au cœur des critiques, le rôle stratégique de ce futur vice-président. Pour l’opposition, cette nouvelle disposition offrirait au président Paul Biya, âgé de 93 ans, la possibilité de désigner lui-même son successeur, contournant ainsi le jeu démocratique classique.
Dans un pays marqué par une longévité exceptionnelle au sommet de l’État, cette réforme ravive les tensions politiques et soulève de nombreuses interrogations sur l’avenir démocratique du Cameroun. Entre volonté de modernisation institutionnelle et soupçons de verrouillage du pouvoir, le débat ne fait que commencer.
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La Rédaction
