Le Bénin veut changer d’approche dans la lutte contre les drogues. À l’occasion de la 39e Journée mondiale de lutte contre la drogue, célébrée à Nikki, dans le département du Borgou, le gouvernement a réaffirmé sa détermination à combattre un phénomène en constante évolution, en misant à la fois sur la répression, la prévention et la prise en charge des personnes dépendantes.
Présidée par le ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de l’Intérieur et de la Sécurité, Djibril Mama Cissé, la cérémonie officielle a réuni plusieurs autorités administratives, sécuritaires et des partenaires internationaux autour du thème : « Le problème mondial de la drogue : des enjeux persistants, de nouveaux défis, des réponses innovantes. »
Une menace toujours grandissante
Le trafic et la consommation de drogues continuent de représenter un défi majeur à l’échelle mondiale. Selon le Secrétaire permanent de la Commission interministérielle de lutte contre l’abus des stupéfiants et des substances psychotropes, le Contrôleur général major de Police Didier Atchou, plus de 300 millions de personnes consomment aujourd’hui des substances illicites dans le monde, notamment le cannabis, les opiacés, les amphétamines, la cocaïne ou encore l’ecstasy. L’Afrique n’échappe pas à cette tendance, comme en témoigne la hausse des saisies enregistrées ces dernières années.
Le cannabis demeure la drogue la plus consommée au Bénin
Au niveau national, les données issues du suivi des consommateurs interpellés dans les espaces publics, les ghettos et les gares routières montrent que le cannabis reste de loin la substance la plus consommée. Les autorités observent également une forte circulation de médicaments contrefaits vendus sous différentes appellations locales, notamment Tratra, 5/5, Para jaune, Para Évènement ou encore King. En revanche, la consommation de drogues dites dures, telles que la cocaïne et l’héroïne, demeure relativement faible au Bénin.
Une stratégie qui va au-delà de la répression
Face à ces défis, le gouvernement entend renforcer les actions engagées contre les réseaux de trafic. Djibril Mama Cissé a salué le travail mené par les forces de défense et de sécurité, les services des douanes, des eaux et forêts, les juridictions ainsi que les structures spécialisées qui œuvrent quotidiennement pour freiner la circulation des stupéfiants. Mais la stratégie gouvernementale ne se limite plus aux opérations de répression. Les autorités souhaitent désormais accorder une place plus importante à la prévention, à la désintoxication, à l’accompagnement psychosocial et à la réinsertion des personnes souffrant d’addictions.
Une mobilisation collective
La cérémonie de Nikki a également été marquée par les interventions du maire de la commune, du préfet du Borgou et de Vanessa Fleming, représentante de la Coordination nationale du Système des Nations Unies au Bénin. Tous ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective impliquant les pouvoirs publics, les communautés, les familles, les établissements scolaires et les partenaires techniques afin d’apporter des réponses durables à un phénomène qui menace aussi bien la santé publique que la sécurité et le développement.
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La Rédaction
