Le mémoire de Master recherche en droit privé fondamental de Bidossessi Igora Akakpo, soutenu le 30 juillet 2026 à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), s’inscrit dans la continuité du travail académique mené depuis plusieurs années par le Dr Julien C. Hounkpè autour du droit du numérique. Consacré à « L’intelligence artificielle au service de l’appareil judiciaire béninois », ce travail interroge la place que pourraient occuper les technologies d’intelligence artificielle dans la modernisation du système judiciaire national.
Enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi et chercheur au Centre de recherche en droit et institutions judiciaires (CREDIJ), le Dr Julien C. Hounkpè s’intéresse depuis plusieurs années aux mutations juridiques liées au numérique. Cette nouvelle soutenance s’ajoute à une série de travaux universitaires consacrés à cette thématique, auxquels il contribue selon les cas comme directeur, codirecteur de mémoire, rapporteur ou examinateur.
Cette régularité traduit une volonté de structurer progressivement un champ de recherche encore en construction dans l’espace universitaire béninois, autour des interactions entre droit, numérique et transformation des institutions.
L’intelligence artificielle face aux défis de la justice béninoise
Dans son mémoire, Bidossessi Igora Akakpo part d’un constat alarmant. La justice béninoise est structurellement freinée par la lenteur des procédures, le sous-effectif et des carences matérielles. L’étude examine dans quelle mesure l’intelligence artificielle peut constituer un levier de modernisation, avant d’en interroger les limites au regard des garanties fondamentales du procès équitable.
Le plan retenu est construit en miroir dont les opportunités de l’IA en première partie, les risques en seconde. L’impétrante s’appuie sur une littérature internationale solide, CEPEJ, UNESCO, Garapon, Lassègue, ainsi que sur des références empiriques marquantes comme l’affaire COMPAS/ProPublica aux États-Unis. Le travail distingue notamment la justice prédictive analytique de la justice prévisionnelle et articule les questions d’opacité algorithmique, de présomption d’innocence et de principe du contradictoire.
Un travail salué, avec des marges de progression identifiées
Le mémoire a été présenté comme un travail sérieux, bien documenté et rigoureusement charpenté, apportant des bases doctrinales utiles à une réflexion encore peu explorée en Afrique francophone. Deux axes d’amélioration ont toutefois été relevés. Il s’agit d’un ancrage empirique béninois encore limité, la démonstration s’appuyant davantage sur des références européennes que sur des données ou témoignages de terrain propres au système judiciaire national, ainsi que des propositions normatives à l’intention du législateur béninois demeurées d’ordre assez général en conclusion.
Une réflexion sur l’avenir du droit à l’ère numérique
En s’appuyant sur des travaux internationaux consacrés à l’intelligence artificielle et à la justice, cette recherche ouvre le débat sur les conditions d’intégration de ces outils dans l’environnement judiciaire béninois, et sur l’équilibre à trouver entre innovation technologique et préservation des garanties fondamentales du procès équitable.
À travers l’accompagnement régulier de travaux portant sur ces problématiques, le Dr Julien C. Hounkpè contribue à alimenter la réflexion scientifique béninoise sur les rapports entre droit, numérique et transformation des institutions judiciaires.
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Brunelle Tchobo
