La crise du cacao en Côte d’Ivoire continue d’alimenter les tensions entre autorités et acteurs de la filière. Alors que le Conseil café-cacao (CCC) affirme avoir achevé son opération de rachat des stocks, plusieurs organisations de producteurs contestent la gestion du processus et réclament davantage de transparence, selon des informations de RFI.
L’État annonce la fin du programme de rachat
Face à l’accumulation de stocks et au ralentissement des exportations en début d’année, l’État ivoirien s’était engagé à racheter une partie des fèves invendues pour désengorger le marché. Le CCC indique avoir atteint son objectif de 100 000 tonnes rachetées, mobilisant une enveloppe de 280 milliards de FCFA pour l’opération.
Cette intervention visait à stabiliser une filière stratégique, qui représente environ 14 % du produit intérieur brut du pays. La crise s’était intensifiée après la chute des cours mondiaux mi-2025, malgré un prix bord champ fixé à 2 800 FCFA le kilo.
Des acteurs de la filière toujours sceptiques
Malgré cette annonce, plusieurs organisations de planteurs affirment que des stocks importants restent encore invendus dans certaines coopératives. Elles dénoncent notamment des lenteurs dans le processus de rachat et un manque de visibilité sur l’utilisation des fonds publics engagés.
A en croire Radio France Internationale, les tensions ne sont pas nouvelles. Dès le début de l’année, des représentants syndicaux avaient alerté sur les risques de mévente, déclenchant une réaction du régulateur. Aujourd’hui, les organisations du secteur réclament un audit indépendant afin de faire la lumière sur l’opération.
Une filière fragilisée par une année difficile
La crise a eu des répercussions directes sur les producteurs, dont une partie s’est retrouvée sans revenus pendant plusieurs mois. Des blocages logistiques, notamment au port d’Abidjan, ont également perturbé l’écoulement des fèves, rapporte RFI.
Dans ce contexte, les autorités prévoient d’anticiper la prochaine campagne cacaoyère, annoncée pour le 1er septembre. Une manière de relancer rapidement une filière clé de l’économie ivoirienne, après une année marquée par de fortes turbulences.
Rejoignez nous sur Whatsapp
https://whatsapp.com/channel/0029Vary7ry96H4T5J95FD3z
Bour-Han O. Amoussa
