Au Burkina Faso, 44 journalistes issus des médias publics et privés ont troqué, pendant six jours, micros, caméras et carnets pour des treillis, des rangers et des fusils. Organisée à l’Académie de police de Pabré, près de Ouagadougou, cette « immersion patriotique » visait notamment à les familiariser avec les réalités opérationnelles des forces de défense et de sécurité.
Exercices physiques, maniement des armes, secourisme tactique, mais aussi éthique, déontologie et traitement de l’information en période de guerre ont meublé les différentes séances.
Selon les informations rapportées par Seneweb, à la clôture de la formation, jeudi 13 août, le ministre de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a appelé les journalistes à faire preuve de « patriotisme », de professionnalisme et d’engagement. « Un journaliste professionnel qui n’est pas patriote est un danger pour son pays », a-t-il notamment déclaré.
Le gouvernement burkinabè assume cette initiative et envisage d’en faire une tradition annuelle, dans un pays confronté depuis plusieurs années aux attaques de groupes jihadistes.
Mais la démarche fait grincer des dents. Reporters sans frontières (RSF) y voit « un nouveau signal très inquiétant » pour la liberté de la presse. L’organisation rappelle que les journalistes ne sont pas des militaires et doivent préserver leur indépendance, y compris en période de conflit.
Rejoignez nous sur Whatsapp
https://whatsapp.com/channel/0029Vary7ry96H4T5J95FD3z
La Rédaction
