Réunis à Abomey-Calavi du 28 au 30 août 2026, les membres de la communauté otammari de l’Atacora vivant dans le sud du Bénin ont renoué avec leurs traditions à l’occasion du festival KUCAATI. Trois jours de célébration placés sous le signe de la culture, de la transmission et de la valorisation du patrimoine tammari.
La culture tammari s’est invitée à Abomey-Calavi. Pendant trois jours, du vendredi 28 au dimanche 30 août 2026, la communauté otammari de l’Atacora installée dans la région méridionale du Bénin s’est retrouvée autour du festival KUCAATI, une initiative consacrée à la célébration et à la transmission de son identité culturelle. La cérémonie officielle de lancement s’est tenue le samedi 29 août en présence de plusieurs personnalités issues de la communauté otammari et de communautés sœurs.
Préserver l’héritage tammari
Pour le président du comité d’organisation, Jean-Claude Kouagou, KUCAATI se veut bien plus qu’un rendez-vous festif. Le festival ambitionne de valoriser les chants, danses, savoir-faire artisanaux et traditions du peuple tammari, tout en assurant leur transmission aux jeunes générations. « L’édition 2026 du festival KUCAATI, placée sous le thème Culture et identité : rôle et valeurs tammari dans les objectifs culturels du Bénin 2060, cadre avec les objectifs du gouvernement du président Romuald Wadagni », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette édition a également été pensée comme un espace de rencontres entre tradition et modernité, avec une dimension économique assumée. « Nous avons voulu faire de cette édition un véritable carrefour de rencontres. Un espace où la tradition dialogue avec la modernité et où l’entrepreneur culturel ou non trouve des opportunités d’affaires », a expliqué Jean-Claude Kouagou.

De son côté, le président de la Commission nationale de linguistique Ditammari, section Côte, Elie Nata M’Po, a souligné la vocation fédératrice de l’événement. Le festival entend rassembler les différentes communautés vivant au Bénin, avec notamment la contribution financière de communautés sœurs à son organisation.
Plusieurs personnalités, dont Lautentine Davo, l’honorable Christophe Kaki et Paul Douakoutché, ont également apporté leur soutien aux organisateurs. Le parrain de l’événement, Germain Kouagou Sorbi, s’est dit satisfait de cette édition et a promis d’être présent au prochain rendez-vous, en 2027.
Quand le village tammari s’installe en ville
Pour cette édition, le comité d’organisation a misé sur un programme mêlant musique, danses, gastronomie, artisanat, contes et transmission des savoirs. « Nous avons essayé d’amener le village en ville », a résumé Jean-Claude Kouagou. L’objectif est de permettre notamment aux plus jeunes de renouer avec des pratiques et des savoir-faire qui risquent de s’effacer face à l’évolution des modes de vie.
Le village KUCAATI, installé à travers différents stands, a ainsi permis aux visiteurs de découvrir les produits et savoir-faire du peuple otammari. Les festivaliers ont également été invités à voyager à travers les rythmes musicaux, les danses traditionnelles et la gastronomie locale. Le président du comité d’organisation cite notamment les crêpes à base de voandzou tipimpinti, la sauce potassée de fagara moubouo, ainsi que les contes et devinettes, autant d’éléments destinés à rapprocher les jeunes de leur patrimoine.
« La culture n’est pas du folklore. C’est de l’économie »
Au-delà de la célébration identitaire, KUCAATI entend inscrire la culture dans une dynamique de développement et d’opportunités. « Dans un monde en perpétuelle mutation, l’objectif de KUCAATI est bien de protéger, de préserver, de pérenniser et de transmettre aux générations montantes et futures ce qu’est Otammari, sa riche culture, son art dans maints domaines, et ce qui le différencie des autres peuples avec lesquels il vit et entretient des relations fraternelles et amicales », a insisté Jean-Claude Kouagou.
Un message particulier a été adressé à la jeunesse, appelée à devenir l’un des principaux acteurs de cette transmission. « Appropriez-vous ce festival. Venez apprendre, créer, entreprendre. La culture n’est pas du folklore. C’est de l’économie. C’est de l’emploi. C’est notre avenir », a lancé le président du comité d’organisation.

À travers KUCAATI, la communauté otammari entend ainsi préserver son patrimoine tout en l’adaptant aux réalités contemporaines. Une démarche qui ambitionne de faire de la culture un outil de transmission, mais aussi de cohésion sociale et de développement. Ces retrouvailles auront également permis de renforcer les liens entre les différentes communautés et de mettre en avant l’image d’un Bénin uni, solidaire et attaché à la diversité de son patrimoine culturel.
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Fiacre Awadji
