Les Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) obtiennent une avancée majeure. Reçus vendredi par le président de la République, Romuald Wadagni, leurs représentants ont obtenu des garanties sur leur intégration progressive dans le système éducatif béninois.
Après plusieurs années de revendications, le gouvernement a retenu un dispositif reposant sur trois contrats successifs en qualité d’AME. L’intégration se fera progressivement, promotion par promotion et par vague selon les informations rapportées par Serge Nonvignon .
La promotion 2019 prioritaire
La promotion de 2019 sera traitée en priorité. Elle représente à elle seule plus de la moitié de l’effectif global des AME. Son intégration devra donc être finalisée avant le passage aux promotions suivantes.
L’âge constituera également un critère d’encadrement du processus. Le dispositif s’appuie sur les limites prévues par le Statut général de la Fonction publique, soit 35 ans pour les catégories C et D et 40 ans pour les catégories A et B.
Cette condition vise notamment à permettre aux bénéficiaires d’atteindre la durée minimale de cotisation requise pour bénéficier d’une pension de retraite.
Pas de nouveau test, un recrutement sur titre
Le gouvernement écarte l’option d’un reversement qui aurait nécessité un nouveau test d’évaluation. Les AME concernés seront recrutés progressivement sur titre, en tenant compte des qualifications professionnelles et de l’expérience acquise sur le terrain. Ils seront intégrés sous le statut d’Agent contractuel de droit public des collectivités territoriales décentralisées (ACDPCTD).
Ce statut doit notamment leur permettre de bénéficier d’une couverture sociale à travers la CNSS, alors que les AME y cotisent déjà. Il doit également faciliter la gestion de leur carrière entre les ministères en charge de l’enseignement et les collectivités territoriales. Le nouveau dispositif est aussi présenté comme un moyen de faciliter leur accès aux services financiers et au crédit bancaire.
Un accord construit dans le dialogue social
La décision est intervenue au terme d’une rencontre de haut niveau réunissant les représentants des AME et plusieurs membres du gouvernement, notamment le ministre chargé du Budget et de la Fonction publique, le ministre de l’Enseignement secondaire et celui de l’Enseignement supérieur.
Les centrales syndicales les plus représentatives ont également participé aux échanges. La COSI-Bénin, la CSA-Bénin et la CSTB ont salué cette décision, présentée comme une réponse à une revendication portée depuis plusieurs années par les enseignants concernés.
Avec cette mesure, le gouvernement entend tourner la page de la précarité pour une partie importante des AME et ouvrir la voie à une plus grande stabilité professionnelle dans le secteur éducatif.
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La Rédaction
