La Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) a décidé de retirer la carte de presse à plusieurs professionnels des médias dans le cadre du processus de mise à jour du fichier national des détenteurs. Cette décision, adoptée en séance plénière, fait suite à plusieurs constats relevés au cours de la procédure de vérification.
Selon la Haac, certains journalistes n’ont pas répondu aux courriers officiels relatifs à la mise à jour du fichier, tandis que d’autres n’ont pas satisfait aux conditions réglementaires exigées, notamment la justification de revenus provenant de l’exercice du journalisme, la présentation de productions récentes, ou la preuve de leur statut professionnel actif. L’institution a également constaté que plusieurs détenteurs ne tirent plus leurs revenus principaux du journalisme, tout en continuant de détenir une carte de presse. Cette mesure vise, selon la Haac, à “assainir le fichier et renforcer la crédibilité de la profession journalistique au Bénin”.

Que sont devenus les journalistes à qui la carte de presse a été retirée ?
C’est une question à laquelle on ne saurait répondre avec précision. Mais selon les informations, parmi les professionnels concernés, plusieurs se seraient partiellement ou totalement reconvertis ces dernières années. Certains seraient devenus activistes sur les réseaux sociaux, prenant part au débat public sous une forme plus libre, tandis que d’autres auraient rejoint des cabinets ou institutions publiques en tant que chargés de communication.
Ce phénomène traduit selon plusieurs certaines personnes aussi averties, une mutation du métier de journaliste face à la précarité du secteur. Beaucoup de journalistes expérimentés choisissent aujourd’hui des voies parallèles communication institutionnelle, conseil, influence numérique tout en conservant parfois le réflexe ou la posture de l’homme de média. Une approche qui fait appel à une question à laquelle la Haac aurait peut-etre répondu de par sa décision . Peut-on encore se réclamer du journalisme lorsque l’on défend désormais les intérêts d’une structure, d’un parti ou d’un courant d’opinion ?
Fiacre Awadji
