La séance de vote sur la révision constitutionnelle a tourné à la controverse ce vendredi au Parlement. Alors que le texte a été déclaré adopté, le groupe parlementaire Les Démocrates (LD) crie au scandale et dénonce un “vol”, une “fraude manifeste” et un “coup d’État institutionnel”. Face à eux, le député Orden Alladatin de la majorité présidentielle balaie toutes les accusations et parle de “polémique sans fondement”.

Les Démocrates dénoncent un vote “tripatouillé”

Dans une déclaration virulente, plusieurs députés LD affirment que le processus de vote a été entaché de graves irrégularités. Le député Soumaïla Sounou Boko estime que la procédure a été manipulée. “Chère population, l’heure est grave. Vos 22 députés ont tenu bon. Aucun député LD n’a voté pour. Ce n’est que des machinations. On a coupé le courant pour remplacer les votes et nous servir un verdict déjà ficelé. Ils ont tripatouillé. Et c’est à dessein qu’ils ont imposé le vote secret » a-t-il laissé entendre

Pour son collègue Ouassangari, les irrégularités sont encore plus graves. “Nous venons d’assister à un coup d’État institutionnel. Pendant le déroulement, vers la fin, il y a eu de grosses coupures de courant dans l’hémicycle. Lors du décompte, on s’est retrouvé à 108 votants alors que 109 personnes ont voté. Quand nous avons dénoncé et demandé un recomptage, c’est encore là que le courant a sauté. Mais le président de l’Assemblée a clos les débats en annonçant 109 votants. C’est grave pour la Nation.” Selon lui, le vote doit être repris .

La majorité balaie les accusations : la version d’Orden Alladatin

Le député UP-R Orden Alladatin rejette catégoriquement toute accusation de fraude et apporte sa version des faits. Selon lui, il n’y a pas eu de coupures d’électricité majeures devant entraver le vote.

“On a commencé le vote par la lettre F. Nous étions déjà à C quand il y a eu une coupure de quelques secondes, juste le temps que le groupe reprenne. Monsieur Dorégo s’avançait vers la table des scrutateurs, dès la coupure, il s’est figé devant la table. Quelques secondes plus tard la lumière revient, il prend les bulletins, va dans l’isoloir, fait son choix et dépose dans l’urne » explique t-il. Il insiste sur le fait que tout s’est déroulé sous les yeux de tous. Les enveloppes retrouvées dans l’urne correspondaient exactement au nombre de votants : “On a compté 109 enveloppes pour 109 votants, y compris les procurations. Au dépouillement, 90 ‘oui’ et 19 ‘non’. Le scrutateur a simplement écrit 18 par erreur, mais les pictogrammes montraient bien 19.”

Capture des résultats du vote

Pour Alladatin, la contestation est née d’un simple malentendu. Au moment où l’adoption devenait acquise à 88 “oui”, l’hymne national a été entonné. C’est dans cette ambiance que le député Kamal, du groupe LD, affirme qu’il manque un bulletin. Mais, selon le député UP-R, le secrétaire parlementaire leur a immédiatement montré qu’il s’agissait d’une erreur de transcription, pas d’un problème de dépouillement. Il affirme par ailleurs qu’“à aucun moment il n’y a eu de coupure de courant pendant le dépouillement”.

Fiacre Awadji

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