La Commission permanente « Agriculture, Élevage et Pêche, Foresterie et Arboriculture » de l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin (ANSALB) organise, ce vendredi 28 novembre 2025, une nouvelle édition des Vendredis de l’Académie. La rencontre se tiendra à l’amphithéâtre IRAN de la Faculté des Sciences Agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi, à partir de 14 heures.
Cette session scientifique mettra au cœur des échanges un enjeu central pour le développement national. Le thème retenu est « Histoire des politiques agricoles au Bénin : cas du foncier et de la fertilité des sols ». Cette rencontre scientifique ambitionne d’apporter un éclairage historique, analytique et critique sur les évolutions majeures des politiques publiques qui structurent le secteur agricole depuis l’indépendance.
Quatre communications pour éclairer les défis historiques et actuels
Les participants auront droit à quatre communications portées par des universitaires et experts reconnus. La première intervention, assurée par Dr Ingrid Sonya Mawussi Adjovi, propose une lecture rétrospective des politiques agricoles du Bénin en soulignant les paradoxes qui ont marqué leur mise en œuvre. Cette analyse met en perspective les ambitions affichées par les gouvernements successifs et les obstacles rencontrés sur le terrain, notamment en matière de développement rural, de financement et de structuration des filières.
La question foncière fera l’objet d’une communication présentée par Pr Karl Nassi, qui retracera l’histoire des politiques foncières du pays. Le foncier représente un enjeu majeur pour le monde rural, tant pour la sécurisation des exploitations que pour la gestion durable des ressources naturelles. Cette présentation permettra d’appréhender les avancées, les limites et les pistes d’amélioration liées à la gouvernance des terres agricoles.

La fertilité et l’état des sols du Bénin seront également au centre des échanges. Pr Rodrigue Diogo analysera l’évolution des politiques de fertilisation de 1960 à nos jours, en mettant en lumière les ruptures, les approches successives et les résultats observés. Avec l’épuisement des terres dans plusieurs zones du pays et les menaces liées aux changements climatiques, cette communication reviendra sur la nécessité d’une transition agroécologique reposant sur des pratiques durables, adaptées aux réalités locales.
Dr Léchidia P. A. D. de Souza mettra l’accent sur l’importance de l’évaluation dans la gouvernance publique du secteur agricole. Son intervention soulignera que la mesure de l’efficacité des politiques, leur suivi et la qualité des outils d’appréciation constituent des conditions essentielles pour améliorer les décisions publiques, optimiser les investissements et renforcer l’impact des stratégies agricoles sur les populations.
À travers ces présentations, l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin offre un espace d’échanges scientifiques qui permettra de comprendre les choix politiques agricoles effectués depuis plusieurs décennies, d’en analyser les résultats et d’identifier les défis structurels qui persistent. Dans un contexte marqué par une pression croissante sur le foncier, un appauvrissement des sols et des besoins alimentaires en expansion, cette réflexion apparaît capitale pour orienter les réformes futures.
La Rédaction
