Le Programme alimentaire mondial (PAM) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Face à l’instabilité croissante qui secoue le nord du Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique, l’organisation prévient d’un niveau d’insécurité alimentaire sans précédent. Des milliers de familles, déjà affectées par seize années de violence, pourraient bientôt basculer dans des conditions assimilables à la famine.

Un risque de famine imminent dans l’État de Borno

Selon les dernières estimations du PAM publiées le mardi 25 novembre, près de 15 000 personnes dans l’État de Borno, dans le nord-est du pays, devraient être confrontées dans les prochains mois à des conditions de phase 5 de l’IPC, soit le stade le plus critique, caractérisé par une famine avérée ou imminente. Cette situation alarmante survient dans une région ravagée par l’insurrection djihadiste depuis 2009, à l’origine de plus de 40 000 morts et de plus de deux millions de déplacés internes.

Une insécurité qui s’étend et aggrave la crise alimentaire

Outre les violences djihadistes dans le nord-est, le Nigeria fait face à une multiplication des attaques de groupes criminels, appelés localement « bandits », particulièrement actifs dans le nord-ouest et le centre du pays. La semaine dernière, le pays a été secoué par trois enlèvements de masse : plus de 300 élèves et enseignants kidnappés dans l’État de Niger, 25 lycéennes enlevées dans l’État de Kebbi et 38 fidèles brièvement retenus après l’attaque d’une église dans l’État de Kwara. Cette insécurité persistante perturbe les activités agricoles, entrave les marchés locaux et limite l’accès humanitaire, aggravant mécaniquement la crise alimentaire.

35 millions de Nigérians menacés en 2026

Le PAM estime que 35 millions de personnes pourraient être touchées par une grave insécurité alimentaire durant la saison de soudure de 2026, soit le chiffre le plus élevé jamais enregistré dans le pays depuis la mise en place des analyses alimentaires, mais aussi le plus élevé du continent africain.
Cette projection alarmante souligne l’ampleur d’une crise multifactorielle : conflits armés, déplacements massifs de populations, pauvreté persistante et perturbations économiques.

L’aide internationale en recul

Alors même que les besoins humanitaires explosent, l’aide internationale connaît une baisse significative. Le démantèlement de certains programmes d’assistance occidentaux, notamment ceux de l’Agence américaine pour le développement international, fragilise encore davantage les capacités d’intervention des organisations humanitaires.
Ce retrait intervient à un moment critique, où chaque réduction budgétaire se traduit par des rations alimentaires amputées, une couverture humanitaire limitée et une population encore plus vulnérable.

Un appel d’urgence

Face à ces signaux alarmants, le PAM appelle les autorités nigérianes et la communauté internationale à redoubler d’efforts pour prévenir une catastrophe humanitaire majeure. Sans une mobilisation rapide, des milliers de familles du nord du Nigeria risquent de sombrer dans une famine ouverte, tandis que des millions d’autres voient leur survie menacée.

Huguette Hontongnon

By Jupiter

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