Le marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) connaît un démarrage particulièrement dynamique en ce début d’année. Plusieurs États, dont la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Mali, ont réussi leurs premières opérations de mobilisation de ressources, confirmant l’attractivité du marché tout en mettant en lumière une sélectivité de plus en plus marquée de la part des investisseurs.
Un marché devenu plus mature et exigeant
Contrairement aux années précédentes, le marché régional de la dette fonctionne désormais comme un véritable marché de prix. Les investisseurs ne se contentent plus de souscrire massivement aux émissions publiques ; ils évaluent avec davantage de rigueur la situation économique, budgétaire et institutionnelle de chaque État. Cette évolution traduit une maturité accrue du marché, qui distingue clairement les profils de risque selon les pays et les maturités proposées.
Des performances contrastées selon les pays
La Côte d’Ivoire confirme sa position de référence sur le marché financier régional. Grâce à la taille de son économie et à la confiance qu’elle inspire, le pays parvient à mobiliser des ressources importantes à des conditions jugées compétitives, notamment sur les maturités moyennes et longues. Le Bénin affiche également une bonne capacité d’accès au marché. Ses émissions rencontrent un accueil favorable, en particulier sur les instruments de court terme, traduisant une confiance soutenue des investisseurs dans la gestion de ses finances publiques et sa trajectoire économique.
Le Mali, de son côté, continue de lever des fonds sur le marché régional, mais à des conditions plus exigeantes sur les échéances plus longues. Cette situation reflète une perception de risque plus élevée, liée notamment au contexte politique et sécuritaire, même si l’intérêt des investisseurs demeure présent.
Une forte demande, mais des taux différenciés
L’un des enseignements majeurs de ce début d’année est la solidité de la demande sur le marché financier de l’UEMOA. Les investisseurs institutionnels, notamment les banques et les fonds régionaux, disposent de liquidités importantes et cherchent à les placer. Toutefois, cette abondance ne signifie pas un financement uniforme : plus la durée de l’emprunt est longue, plus les exigences en matière de rendement augmentent, en fonction du profil du pays émetteur.

Un signal fort pour la gouvernance économique
Cette sélectivité croissante envoie un message clair aux États de l’UEMOA. La capacité à accéder durablement au marché et à des conditions favorables dépend désormais fortement de la crédibilité budgétaire, de la stabilité institutionnelle et de la qualité de la gouvernance économique. Les marchés récompensent les trajectoires jugées solides et pénalisent davantage les zones d’incertitude.
Des perspectives en vue
Le bon démarrage observé en ce début d’année laisse entrevoir une activité soutenue sur le marché financier régional de l’UEMOA. Si la liquidité reste abondante, les États devront cependant composer avec un environnement plus exigeant, où la discipline budgétaire et la confiance des investisseurs deviennent des leviers essentiels pour sécuriser leurs financements à moyen et long termes.
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Huguette Hontongnon
