Invité sur Esae TV ce mercredi 14 janvier 2026, David Koffi Aza, prêtre de Fâ, président du CONACEB et grand maître de l’AUNOR, a levé le voile sur l’origine du Fâ, la naissance du Tofa et leur lien avec la gouvernance politique. Cette sortie intervient après diverses polémiques sur une supposée politisation du tofa.

Selon lui, le Fâ est avant tout une science ancienne, issue des Chaldéens, fondée sur l’alphabet d’Énoch composé de 16 lettres. Cette pratique s’est ensuite diffusée à travers la Mésopotamie dans l’actuelle Syrie, l’Irak, l’Iran, le Yémen, la Jordanie et une partie de l’Arabie saoudite avant d’être adoptée par l’Égypte, puis transmise à l’Éthiopie avec les mêmes curricula.

De là, le Fâ poursuit sa route vers la Libye, précisément à Fezzan, descend ensuite au Soudan, puis atteint Tombouctou, où il est intégré au curriculum universitaire. C’est la deuxième fois dans l’histoire que le Fâ entre à l’université, la première ayant été l’université du Caire, en Égypte. À cette époque, explique-t-il, des nobles nigérians envoyaient leurs enfants étudier le Fâ, appelé alors « Fahlon ».

De retour au Nigeria, les dignitaires décident d’approfondir cette science. C’est là qu’est établi le carré de 16, donnant naissance aux 256 signes du Fâ. Deux principes structurent alors son interprétation. Il s’agit du conformisme social et des principes moraux. Ce qui fait que, quand un Nago-Yoruba veut interpréter le Fâ, il l’interprète selon des principes moraux et le conformisme social. C’est donc beaucoup plus basé sur des conseils.

Mais lorsque le Fâ arrive au Bénin en 1715, le contexte politique est différent. « À l’époque, c’était l’hégémonie du roi », rappelle David Koffi Aza. Le pouvoir étant centralisé, les sages estiment que le conformisme social et la morale ne suffisent plus pour interpréter le Fâ. Il faut l’adapter aux réalités sociologiques locales.

Deux peuples sont alors mandatés dont les érudits Mahi et Fon, envoyés au royaume d’Oyo pour apprendre les techniques d’arrimage. Quand ils sont revenus, ils se sont mis à la tâche. C’était de 1720 jusqu’en 1750. Quand Adébloyo est décédé, tout n’était pas encore terminé, donc l’arrimage a continué jusqu’en 1900 après la mort d’Adébloyo, figure centrale du processus. Les réalités sociologiques et allégories étant différentes, chaque peuple développe ensuite ses propres allégories et méthodes d’interprétation. Les Mahi privilégient les principes révélatifs et indicatifs, tandis que les Fon adoptent des principes énigmatiques et incantatoires. Les Fâ gbè ne sont pas identiques selon les communautés.

Le Tofa, un instrument politique assumé

Interrogé sur la politisation du Tofa, David Koffi Aza répond sans détour. « Le Tofa est une consultation sur l’état de la Nation. Il s’adresse au président de la République et au peuple. Le Tofa est un instrument politique, mais il n’est pas politisé. »

Selon lui, le Tofa sert avant tout à éclairer les dirigeants, afin qu’ils anticipent les événements et prennent des décisions en amont pour la stabilité du pays. « C’est le rôle qu’il a joué de 1715 jusqu’en 1900, et c’est ce même rôle qu’il va jouer aux côtés de nos dirigeants actuels. », affirme-t-il.

À travers ces explications, David Koffi Aza répond à ceux qui s’interrogent sur l’orientation politique du Tofa. S’il touche à la gouvernance, ce n’est pas par militantisme, mais parce qu’il est historiquement conçu comme un outil d’alerte et de prévention au service de la Nation.

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