Les députés de la dixième législature, élus lors du scrutin du 11 janvier 2026, ont été officiellement installés le dimanche 8 février 2026. À l’issue de cette séance inaugurale, le nouveau bureau de l’Assemblée nationale a été mis en place. Mais au-delà de l’événement institutionnel, une réalité attire l’attention, la forte présence d’universitaires chevronnés aux postes clés du Parlement béninois.
Le bureau est dirigé par Joseph Djogbenou, professeur titulaire en droit privé, avocat, ancien ministre de la Justice et ancien président de la Cour constitutionnelle. À ses côtés, le premier vice-président Barthélémy Kassa est professeur titulaire en écologie, ancien ministre de l’Eau et de l’Énergie et déjà membre du bureau de la 9e législature. Le deuxième vice-président, Mahugnon Kakpo, est professeur titulaire en littérature africaine, ancien ministre de l’Enseignement secondaire et président du comité des rites Vodoun. Le poste de premier secrétaire est occupé par David Houinsa, sociologue. Par ailleurs, la Commission de l’Éducation, de la Culture, de l’Emploi et des Affaires sociales est présidée par Yayi Eléonore Ladékan, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
Cette configuration, marquée par la présence de plusieurs professeurs titulaires et d’universitaires expérimentés, soulève une question centrale. S’agit-il d’une simple coïncidence ou d’un choix stratégique visant à renforcer la technicité et la qualité de l’action parlementaire ? Difficile de parler de hasard lorsque les profils retenus cumulent expertise scientifique, responsabilités gouvernementales et expérience institutionnelle. Dans l’un ou dans l’autre cas, c’est de bon augure. L’élection de Joseph Djogbenou à l’unanimité pour présider le bureau confirme l’existence d’un consensus autour d’un leadership à la fois académique et politique.
Pour de nombreux observateurs, cette concentration de compétences intellectuelles pourrait transformer la dynamique du Parlement. Une Assemblée dominée par des profils issus du monde académique est susceptible d’élever le niveau du débat législatif et de produire des textes plus rigoureux, mieux structurés et davantage fondés sur l’expertise. Elle pourrait aussi accorder une place plus importante aux politiques liées à la recherche, aux sciences, à l’innovation, à la culture et à la formation, tout en améliorant les conditions de travail dans les secteurs éducatif et universitaire.
Un discours inaugural porteur d’attentes
Dans son premier discours en tant que président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbenou a inscrit son mandat dans la continuité des réformes engagées par le président Patrice Talon. Il a évoqué un contexte national marqué par l’actualisation et la concrétisation des réformes, tout en exprimant une pensée particulière pour les populations. Il a affirmé que ses collègues députés et lui agiront de sorte à diminuer leurs peines, quelles qu’en soient les causes. Une déclaration qui confirme d’ores et déjà tous les changements positifs que observateurs et analystes espèrent de cette nouvelle législature composée de personnalités aux parcours incroyables et des compétences et expériences variées.

Cette dixième législature apparaît ainsi comme une assemblée où l’expertise universitaire se retrouve au sommet du pouvoir législatif. Mais le savoir académique, aussi prestigieux soit-il, ne constitue pas à lui seul une garantie d’efficacité politique. La réussite dépendra de la capacité de ces profils à transformer leur capital intellectuel en décisions concrètes, en lois applicables et en résultats visibles pour les citoyens.
La promesse est grande, les attentes aussi. Mais une interrogation majeure se pose. Ces universitaires au sommet du parlement réussiront-ils à traduire leur savoir en progrès tangible pour la nation ? Comme le disent les anglais, wait and see.
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Fiacre Awadji
