À Cotonou, le déménagement du marché de Dantokpa vers Tokpa Yoyo suscite colère et consternation chez de nombreuses vendeuses. Les réseaux sociaux ont récemment amplifié leur désarroi à travers des vidéos touchantes et des témoignages poignants.

Une vidéo largement partagée, montre une vendeuse en larmes, la voix tremblante. « Je n’ai personne, c’est de ça que je mange… » laissait-elle entendre entourée de plusieurs d’autres femmes se plaignant et la calmant. Après l’affichage de la liste des commerçantes et commerçants à qui des places ont été attribuées dans le nouveau marché, elle ne retrouve pas son nom. Son désarroi reflète celui de plusieurs femmes qui vivent de la vente quotidienne de leurs produits, sans autre source de revenu.

Dans une autre vidéo, une autre vendeuse apporte son témoignage avec gratitude pour les nouvelles infrastructures mais elle alerte sur une injustice qu’elle juge préoccupante. « À peine un tiers des vendeuses ont obtenu une place ». Elle affirme être elle‑même à Dantokpa depuis des années sans avoir réussi à se positionner à Tokpa Yoyo. Pire encore, elle dénonce la cherté des places attribuées, qu’elle juge hors de portée pour beaucoup de commerçantes, et lance un appel direct. « Nous interpellons l’ANagem et invitons le président Patrice Talon à faire quelque chose. »

Des réponses anticipées aux plaintes ?

Lors de sa conférence de presse tenue le vendredi 27 mars, Eunice Loisel Kiniffo, Directrice Générale de l’Agence Nationale de Gestion du Marché (Anagem) avait déjà tenté de donner des explications sur les plaintes des dames aujourd’hui. Expliquant comment le processus d’aménagement a été organisé, elle affirmait que certaines personnes présentes à Dantokpa depuis longtemps n’apparaissent pas sur la liste de la SOGEMA. Pire, pendant le recensement de l’Anagem, des étals étaient tenus par des enfants ou les propriétaires étaient absents lors des visites des agents. « Je ne vais pas recenser un enfant sur un étal », a‑t‑elle précisé. Selon elle, ces cas expliquent que plusieurs commerçantes n’aient pas été recensées, malgré des décennies de présence à Dantokpa.

À ce jour, les débats restent vifs entre commerçantes affectées et responsables de l’aménagement. Les vendeuses demandent des clarifications, des ajustements et une solution équitable pour toutes.

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La Rédaction

By Jupiter

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