Un rapport publié en avril 2026 tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur de la désinformation en Afrique de l’Ouest et centrale. Portée par des dynamiques numériques et sociales complexes, elle fragilise l’intégrité de l’information et la stabilité des États.

La désinformation s’impose désormais comme un défi majeur sur le continent africain. Dans un rapport approfondi, l’organisation Paradigm Initiative met en lumière les mécanismes, les acteurs et les impacts d’un phénomène en pleine expansion, notamment dans six pays d’Afrique de l’Ouest et centrale.

Fruit d’un travail collectif d’experts, cette étude repose sur les contributions de chercheurs de haut niveau, parmi lesquels le Dr Akinola Akintayo (Nigeria), Yacine Diagne (Sénégal), le Dr Moussa Diop (Côte d’Ivoire), Olga Elume (Cameroun), ou encore le Dr Gbétohou G. Wenceslas Mahoussi pour le Bénin. À cette équipe s’ajoutent des spécialistes comme Eucharia Nkengafack sur la désinformation genrée, le Dr Olunifesi Adekunle Suraj (Ghana) et le professeur Guy Berger en qualité de conseiller scientifique. La coordination du projet a été assurée par Sani Suleiman Sani, avec un encadrement technique et éthique impliquant Moussa Waly Sene, ainsi que Gbenga Sesan et Thobekile Matimbe pour la supervision.

Le rapport met en évidence une réalité préoccupante. Les fausses informations circulent à grande vitesse, alimentées par les réseaux sociaux, les messageries privées et les circuits informels. Dans des contextes marqués par les élections, les crises sécuritaires ou les tensions politiques, ces contenus trouvent un terrain particulièrement favorable.

Au Bénin, par exemple, la période préélectorale apparaît comme un moment critique, propice à la diffusion de rumeurs, de manipulations et de discours polarisants. Ces contenus exploitent des émotions fortes comme la peur ou la colère, renforçant leur viralité et leur capacité à influencer l’opinion publique. Les conséquences sont multiples. On peut citer perte de confiance envers les institutions, dégradation du débat démocratique, montée des tensions sociales et vulnérabilité accrue de certaines populations. Le rapport souligne également que les citoyens eux-mêmes deviennent parfois des relais involontaires de la désinformation.

Malgré les efforts des médias, des organisations de la société civile et des acteurs du fact-checking, la riposte reste en deçà des enjeux. Manque de coordination, ressources limitées et fracture numérique freinent l’efficacité des réponses. Face à cette menace systémique, le rapport appelle à une mobilisation urgente afin de renforcer l’éducation aux médias, adapter les stratégies aux réalités locales et restaurer la confiance dans l’information. Car au-delà des écrans, c’est la qualité même de la démocratie qui est en jeu.

Ci-dessous le rapport complet

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Fiacre Awadji

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