La lutte contre la corruption en Afrique connaît une amélioration progressive après plusieurs années de recul. C’est ce que révèle le rapport « Anti-Corruption : From Decline to Recovery », publié le 8 juillet 2026 par la Fondation Mo Ibrahim. Si les avancées restent modestes à l’échelle continentale, certains pays se distinguent par leurs performances, à l’image du Bénin, qui figure désormais parmi les cinq meilleurs élèves d’Afrique.
S’appuyant sur les données de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG), le rapport évalue l’efficacité des mécanismes de lutte contre la corruption dans les administrations publiques, les gouvernements et le secteur privé des 54 pays africains sur la période 2016-2025. Chaque État est noté sur une échelle de 0 à 100, en fonction de plusieurs critères, notamment les mécanismes de prévention, la transparence des marchés publics, l’absence de corruption dans les institutions et la perception des citoyens.
Les informations rapportées par Agence Ecofin, les résultats montrent qu’après une baisse continue entre 2016 et 2020, l’Afrique a amorcé un redressement. Le score moyen du continent est ainsi passé de 37,7 points en 2020 à 39,1 points en 2025, effaçant le recul observé durant les premières années de la décennie. Sur dix ans, la progression demeure limitée (+0,5 point), mais elle traduit un changement de tendance encourageant.
Le rapport met toutefois en évidence de profondes disparités entre les pays. Alors que 28 États, représentant près de 59 % de la population africaine, ont vu leurs performances reculer depuis 2016, 26 pays ont enregistré des progrès. En tête du classement, le Rwanda et les Seychelles occupent conjointement la première place avec un score de 76,6 points. Les Seychelles réalisent d’ailleurs la plus forte progression du continent, avec un bond de 26,3 points en dix ans. L’île Maurice complète le podium avec 65,7 points, devant le Sénégal (64 points).
Le Bénin confirme sa montée en puissance en se classant 5ᵉ en Afrique, avec un score de 58,7 points. Il devance notamment le Botswana (57,8), la Namibie (57,6), le Cap-Vert (56,1), la Tunisie (55,9) et le Burkina Faso (55,6). Ce classement place le pays parmi les références africaines en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.
À l’opposé, le Soudan du Sud ferme la marche avec seulement 6,9 points, illustrant l’ampleur des défis persistants sur le continent. L’écart entre les meilleurs et le dernier du classement atteint près de 70 points, témoignant des fortes inégalités en matière de gouvernance.
Par ailleurs, les cinq pays ayant enregistré les plus fortes progressions depuis 2016 sont les Seychelles, l’Angola, le Tchad, la Somalie et le Togo. À l’inverse, les plus fortes dégradations concernent les Comores, le Liberia, l’Afrique du Sud, le Niger et le Botswana.
Malgré ces contrastes, la Fondation Mo Ibrahim estime que le retour à une dynamique positive depuis 2020 constitue un signal encourageant. Le défi consiste désormais à consolider ces progrès afin de renforcer durablement la transparence, la redevabilité des institutions et la confiance des citoyens envers les pouvoirs publics.
Rejoignez nous sur Whatsapp
https://whatsapp.com/channel/0029Vary7ry96H4T5J95FD3z
La Rédaction
