Les restrictions sur les réseaux sociaux se poursuivent en Guinée. Depuis le 28 juillet 2026, l’accès à Facebook, TikTok et YouTube est de nouveau interrompu, contraignant les internautes à utiliser un réseau privé virtuel (VPN) pour contourner le blocage. Cette nouvelle coupure, la sixième enregistrée depuis 2023, suscite de vives inquiétudes parmi les organisations de défense des droits numériques et les acteurs économiques.
Selon les informations rapportées par RFI, les conséquences se font déjà sentir, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME) dont les activités dépendent fortement des plateformes numériques. D’après M’Bany Sidibé, président de l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée cité par RFI, de nombreuses entreprises enregistrent des pertes importantes, les réseaux sociaux étant devenus un canal essentiel pour le commerce en ligne dans le pays.
Au-delà des répercussions économiques, plusieurs organisations dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et au droit à l’information. L’Association des blogueurs de Guinée (Ablogui) estime que ces restrictions deviennent progressivement une pratique courante. Son président, Baro Condé, rappelle qu’elles étaient auparavant limitées aux périodes électorales ou aux manifestations, alors qu’elles interviennent désormais même en période de stabilité.
Cette interruption est la sixième imposée depuis 2023. Elle intervient après une précédente coupure exceptionnelle qui avait duré près de trois mois entre 2023 et 2024. À l’époque, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, avait affirmé qu’Internet « n’était pas un droit » en Guinée, une déclaration qui avait suscité de nombreuses réactions.
Face à cette nouvelle restriction, l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée et l’Ablogui exigent le rétablissement immédiat de l’accès aux réseaux sociaux ainsi que des explications de la part du gouvernement et de l’Autorité de régulation des postes et des télécommunications (ARPT), qui n’ont pas réagi aux sollicitations des médias.
Cette nouvelle coupure relance le débat sur la protection des libertés numériques en Guinée, alors que les réseaux sociaux occupent une place croissante dans la vie économique, sociale et citoyenne du pays.
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La Rédaction
