Malgré l’ampleur de ses ressources énergétiques, le Nigeria doit désormais prouver qu’il reste une destination attractive pour les capitaux internationaux. Les autorités nigérianes multiplient les réformes pour relancer un secteur fragilisé par des années de sous-investissement.
Avec près de 37 milliards de barils de pétrole et plus de 215 Tcf de gaz, le Nigeria dispose d’atouts majeurs. Pourtant, d’après Agence Ecofin, l’industrie a longtemps été freinée par l’insécurité, les vols de brut, des lourdeurs administratives et une réglementation jugée instable.
Face à ces défis, le gouvernement de Bola Ahmed Tinubu a engagé depuis 2023 une série de mesures correctives. Accélération de la mise en œuvre du code pétrolier, simplification des procédures et incitations fiscales pour l’offshore font partie des leviers activés. Ces efforts commencent à produire des résultats, avec une production remontée à 1,56 million de barils par jour, son plus haut niveau depuis 2020.
Le retour d’investissements majeurs, comme celui d’ExxonMobil dans le projet Usan Infill, illustre également cette dynamique de reprise.
Une concurrence accrue pour attirer les capitaux
Mais ces avancées ne suffisent pas à garantir l’attractivité du pays. Le Nigeria évolue désormais dans un marché concurrentiel où plusieurs producteurs rivalisent pour capter les mêmes financements, renseigne le média.
Les investisseurs privilégient aujourd’hui des critères comme la stabilité réglementaire, la sécurité, la fiscalité compétitive et la capacité à exécuter rapidement les projets. Dans ce contexte, des projets stratégiques comme Bonga South West Aparo, longtemps retardé, restent emblématiques des défis à relever.
Le nouveau cadre fiscal adopté pour l’offshore profond vise justement à rassurer les investisseurs et pourrait permettre de mobiliser jusqu’à 50 milliards de dollars d’ici 2030.
La stabilité, clé de la confiance
Pour le syndicat PENGASSAN, la priorité est désormais de pérenniser ces réformes. L’organisation insiste sur la nécessité d’un environnement stable, capable d’offrir une visibilité à long terme aux investisseurs.
Au-delà du pétrole, le défi concerne aussi le gaz, dont le potentiel reste sous-exploité faute d’infrastructures adaptées. Le développement de chaînes de valeur locales, notamment dans le raffinage et la pétrochimie, apparaît ainsi comme un enjeu stratégique pour transformer les ressources en croissance durable.
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Bour-Han O. Amoussa
