Le Bénin a opposé une fin de non-recevoir aux accusations venues du Niger, dans un contexte régional déjà marqué par de fortes tensions. Après la diffusion d’une vidéo à Niamey impliquant plusieurs pays dans une tentative de mutinerie, les autorités béninoises ont tenu à clarifier leur position.

Face à la presse ce vendredi 4 septembre, le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbedji, a rejeté les allégations visant son pays. Dans une séquence diffusée par la télévision nigérienne Télé Sahel, un militaire accusait notamment le Bénin, aux côtés d’autres États, d’avoir soutenu une tentative de déstabilisation à Niamey fin août.

« Personne ne peut croire à ces allégations », a déclaré le ministre, insistant sur la volonté du Bénin de maintenir des relations apaisées avec le Niger. Il a également affirmé que le pays s’oppose « hier, aujourd’hui et demain » à toute forme de déstabilisation du Niger.

Un contexte sécuritaire et diplomatique sensible

Ces accusations interviennent après une mutinerie survenue les 28 et 29 août à Niamey, que les autorités nigériennes disent avoir déjouée avec l’appui de leurs partenaires russes. Dans ce climat tendu, les relations entre les deux pays restent fragiles, malgré un rapprochement amorcé en avril 2026, à l’initiative du nouveau chef de l’Etat, Romuald Wadagni.

Par le passé, Niamey avait déjà accusé Cotonou d’abriter des bases de groupes jihadistes, une affirmation systématiquement rejetée par les autorités béninoises. Le gouvernement béninois réaffirme aujourd’hui sa ligne diplomatique axée sur la coopération et la coexistence pacifique entre les deux peuples.

Vers une normalisation progressive des relations ?

Malgré ces nouvelles tensions, le Bénin se veut rassurant quant à l’avenir des relations bilatérales. « Nos frères du Niger comprendront que le Bénin n’est pas leur ennemi », a assuré Wilfried Houngbedji dans des propos relayés par RFI.

Alors que des discussions avaient été engagées pour la réouverture de la frontière commune, fermée depuis le coup d’État de 2023, ces accusations pourraient ralentir le processus. Reste à savoir si le dialogue engagé entre les deux capitales permettra d’apaiser durablement la situation.

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Bour-Han O. Amoussa

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