La leucémie aiguë figure parmi les cancers pédiatriques les plus fréquents. Elle touche le sang et la moelle osseuse et peut évoluer rapidement. Dans ce contexte, reconnaître les signes d’alerte et consulter sans tarder peut faire la différence.
Au Bénin, l’enjeu est loin d’être marginal. Le Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles (PNLMNT) estime à près de 500 le nombre de nouveaux cas de cancers pédiatriques chaque année. Or, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, l’OMS identifie le retard de diagnostic comme l’un des principaux obstacles à la survie des enfants atteints de cancer.
Quand la fatigue ou la fièvre ne doivent plus être banalisées
La leucémie aiguë se caractérise par une production anormale de cellules sanguines immatures dans la moelle osseuse. Cette multiplication désorganisée peut perturber la production normale des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes.
Chez l’enfant, les premiers symptômes peuvent pourtant ressembler à ceux d’une infection ou d’une maladie courante. C’est justement ce qui peut conduire à attendre avant de consulter.
Plusieurs signes doivent retenir l’attention lorsqu’ils sont inhabituels, répétés ou persistent :
- fatigue importante ou faiblesse inhabituelle ;
- pâleur persistante ;
- fièvres répétées ou persistantes ;
- saignements fréquents, notamment au niveau du nez ou des gencives ;
- bleus ou ecchymoses apparaissant sans cause évidente ;
- douleurs osseuses ou articulaires répétées ;
- infections fréquentes ou persistantes ;
- perte de poids ou diminution inhabituelle de l’appétit ;
- apparition de ganglions ou de gonflements inhabituels ;
- douleurs ou sensation de pesanteur au niveau de l’abdomen.
Attention : un symptôme ne signifie pas forcément leucémie
La présence d’un ou plusieurs de ces signes ne permet pas, à elle seule, de conclure à une leucémie. De nombreuses affections infantiles peuvent provoquer des symptômes similaires. Ce qui doit surtout interpeller, c’est la persistance, la répétition ou l’association de plusieurs signes inhabituels.
Un enfant qui reste anormalement fatigué, présente des fièvres répétées, saigne sans explication ou développe des ecchymoses inhabituelles mérite un avis médical.
Pourquoi ne faut-il pas attendre ?
Dans les cancers pédiatriques, le diagnostic précoce constitue un enjeu majeur. Plus une maladie est identifiée rapidement, plus l’enfant peut être orienté vers les examens et les traitements adaptés.
L’OMS souligne que les cancers de l’enfant peuvent généralement être traités avec de meilleures chances de guérison lorsqu’ils sont détectés tôt, correctement diagnostiqués et pris en charge dans des structures adaptées.
À l’inverse, le retard dans la reconnaissance des symptômes peut permettre à la maladie de progresser avant que l’enfant ne bénéficie d’une prise en charge spécialisée.Le réflexe à adopter n’est donc pas de paniquer, mais de consulter.
Au Bénin, une prise en charge spécialisée se renforce
La sensibilisation aux signes d’alerte doit aller de pair avec l’accès aux soins. Le Bénin dispose désormais d’un centre national de référence en oncologie pédiatrique au CHD Ouémé-Plateau, à Porto-Novo, mis en place avec le soutien de la Fondation Claudine Talon.
Selon le PNLMNT, cette structure propose une prise en charge spécialisée et gratuite des enfants atteints de cancer. Elle comprend notamment les soins oncologiques, l’accès aux médicaments, l’accompagnement nutritionnel et le soutien psychologique.
Une Maison des Parents permet également aux familles de bénéficier d’un hébergement gratuit durant la période de traitement. Ces dispositifs constituent un progrès important pour améliorer l’accès des enfants béninois à des soins spécialisés.
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La Rédaction
