La population civile iranienne serait confrontée à une situation de double pression, entre une répression interne qualifiée d’« extrême » et les conséquences d’un conflit régional impliquant les États-Unis et Israël. C’est ce que souligne un rapport de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur l’Iran, présenté par des enquêteurs de l’ONU.
Selon les experts onusiens, les autorités iraniennes auraient intensifié leur réponse aux mouvements de contestation récents, marquant une rupture par rapport aux pratiques antérieures. Le rapport, relayé par Radio France Internationale, évoque une augmentation de la violence étatique, des homicides et un recours accru à des dispositifs répressifs.
Les enquêteurs font également état de dizaines de milliers d’arrestations arbitraires, parfois accompagnées de mauvais traitements et d’isolement prolongé. La restriction de l’accès à Internet lors des périodes de tensions est également citée comme un outil de contrôle de la population.
Peine de mort et climat d’intimidation
Le document souligne une utilisation plus fréquente de la peine capitale dans le cadre des procédures liées aux manifestations. Entre mars et août 2026, au moins 29 exécutions auraient été enregistrées à l’issue de procès jugés expéditifs.
Plusieurs dizaines de personnes, dont des femmes et des mineurs, seraient encore menacées d’exécution. Les experts estiment que certaines pratiques pourraient relever de crimes contre l’humanité, notamment des meurtres, des actes de torture et des détentions arbitraires.
Des frappes américaines également mises en cause
Le rapport ne se limite pas à l’Iran. RFI indique qu’il évoque également des frappes menées par les États-Unis le 28 février, au début du conflit régional, qui auraient touché des zones civiles.
Les enquêteurs estiment qu’il existe des « motifs raisonnables » de soupçonner des violations du droit international humanitaire, voire des crimes de guerre, en raison d’attaques ayant causé de nombreuses victimes civiles, dont des enfants, dans plusieurs localités iraniennes.
Appel à la désescalade
Face à cette situation, la mission onusienne appelle l’ensemble des parties à mettre fin aux hostilités et à cesser toutes les violations documentées. Elle exhorte également à un arrêt immédiat des violences afin de protéger les populations civiles, prises au piège d’un conflit aux conséquences humanitaires lourdes.
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Bour-Han O. Amoussa
