L’essor mondial de l’intelligence artificielle entraîne une hausse significative des prix des composants électroniques, en particulier des mémoires, impactant directement le coût des smartphones. Une tendance préoccupante pour l’Afrique, où l’accès à Internet dépend encore largement de la capacité des populations à acquérir des terminaux abordables.
D’après le rapport The State of Mobile Internet Connectivity 2026 de la GSMA, relayé par Agence Ecofin, la demande en mémoires à haute performance explose sous l’effet des investissements dans l’intelligence artificielle et les centres de données. Cette situation pousse les fabricants à privilégier les technologies les plus avancées, au détriment des composants destinés aux appareils d’entrée de gamme.
Résultat, les prix des mémoires ont fortement augmenté, enregistrant une hausse de plus de 80 % au deuxième trimestre 2026, après avoir déjà doublé entre fin 2025 et début 2026.
Les smartphones d’entrée de gamme en première ligne
Cette inflation se répercute directement sur les téléphones les moins chers. Dans les modèles vendus à moins de 200 dollars, la mémoire représente désormais une part majeure du coût de fabrication, réduisant considérablement les marges des constructeurs.
Dans un contexte où le pouvoir d’achat reste limité, cette hausse complique davantage l’accès aux smartphones. En Afrique subsaharienne, les populations les plus modestes doivent déjà consacrer une part importante de leurs revenus pour s’équiper, ce qui freine la démocratisation de l’Internet mobile.
L’enjeu crucial de l’accessibilité
Les données de la Banque mondiale confirment cette tendance, en identifiant le manque de ressources financières comme principal obstacle à la possession d’un smartphone dans les pays en développement.
La GSMA met en avant le seuil symbolique du smartphone à 20 dollars, qui permettrait d’élargir considérablement l’accès au numérique. Un tel prix rendrait ces appareils accessibles à des centaines de millions de personnes supplémentaires en Afrique.
Un risque de fracture numérique accrue
Cependant, indique le média, l’évolution actuelle du marché va à contre-courant de cet objectif. Les projections évoquent une baisse notable des ventes de smartphones d’entrée de gamme, particulièrement en Afrique subsaharienne.
Dans ce contexte, la dynamique de l’intelligence artificielle pourrait paradoxalement ralentir l’inclusion numérique sur le continent. Pour de nombreux Africains, l’accès à l’économie digitale dépendra avant tout du prix d’un outil devenu essentiel : le smartphone.
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Bour-Han O. Amoussa
