Après plusieurs années sans prise de parole publique, Yacouba Isaac Zida, ancien homme fort de la transition burkinabè ayant dirigé le pays durant une brève période après la chute de Blaise Compaoré, s’est exprimé sur la situation nationale. Dans un entretien accordé au média en ligne Courrier Confidentiel, et relayé par RFI, l’ancien officier s’est montré critique à l’égard de la gouvernance actuelle du capitaine Ibrahim Traoré, qu’il avait pourtant soutenu lors de sa prise de pouvoir en 2022.
Dans ses déclarations, Yacouba Isaac Zida est revenu sur la question de l’influence étrangère dans la région, notamment la présence russe au Sahel. Pour lui, l’indépendance réelle ne se limite pas à un choix d’alliances.
Il affirme ainsi que « la véritable souveraineté ne consiste pas à choisir de qui dépendre », mais plutôt à construire des capacités permettant d’éviter toute forme de dépendance extérieure.
Libertés publiques et cadre légal au cœur des préoccupations
Une lecture critique de la souveraineté au Sahel
L’ancien chef de la transition burkinabè s’est également exprimé sur la question des atteintes aux libertés individuelles, évoquant notamment des cas d’enlèvements signalés dans le pays. Il rappelle un principe fondamental en soulignant que « nul ne devrait être privé de sa liberté » en dehors d’un cadre légal strict.
Sur le cas de Paul-Henri Sandaogo Damiba, ex-dirigeant de la transition extradé du Togo en début d’année, Yacouba Isaac Zida estime que seule la justice est habilitée à trancher. Il appelle à une procédure fondée sur des éléments concrets « sur la base des faits et de preuves dans le cadre d’une procédure régulière ».
Réactions et tensions sur les réseaux sociaux
Ces prises de position ont rapidement suscité des réactions au sein des soutiens du pouvoir en place. RFI rapporte, en effet, que plusieurs voix proches du régime ont réagi sur les réseaux sociaux, remettant en cause la légitimité de ses critiques et rappelant son passé militaire, notamment sa révocation pour désertion.
Cette sortie publique, après une longue période de silence, ravive ainsi les tensions politiques et relance les débats autour de la gouvernance actuelle au Burkina Faso.
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Bour-Han O. Amoussa
