Le Bénin veut faire des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) le moteur de l’intégration économique en Afrique de l’Ouest. À Cotonou, devant les parlementaires de la CEDEAO, la Directrice générale de l’ADPME, Alvyne Alia, a présenté une vision ambitieuse articulée autour des pôles industriels, de la formalisation des entreprises et d’une coopération économique régionale renforcée.

Réunis ce 27 juillet 2026 à l’hôtel Azalaï de Cotonou dans le cadre de la réunion délocalisée de la Commission mixte du Parlement de la CEDEAO, les parlementaires des douze États membres ont été invités à réfléchir au rôle des pôles industriels dans l’intégration régionale des MPME.

Prenant la parole au nom du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de la Promotion de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Alvyne Alia, Directrice générale de l’Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises (ADPME), a livré un plaidoyer en faveur d’une nouvelle approche de la formalisation des entreprises.

« La formalisation ne se décrète pas, elle se rend rentable »

En une phrase, la responsable de l’ADPME a résumé la vision portée par le Bénin. « La formalisation ne se décrète pas, elle se rend rentable. » Voulant illustrer cette conviction, elle s’est appuyée sur l’exemple de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), présentée comme un modèle de réussite. Selon les données exposées, la zone a généré 14 000 emplois en 2024 et attiré plus de 36 investisseurs internationaux. Pour le Bénin, un écosystème industriel performant crée naturellement des opportunités économiques qui incitent les MPME à se formaliser, sans recourir à des mesures contraignantes.

Six propositions pour accélérer l’intégration économique régionale

Au-delà du diagnostic, la délégation béninoise a soumis au Parlement de la CEDEAO six propositions destinées à transformer les ambitions communautaires, notamment celles du PICAO et de la Vision 2050, en actions concrètes.

Le Bénin propose notamment :

la création d’une stratégie régionale de pôles industriels, avec trois à quatre pôles prioritaires par sous-région ;

la mise en place d’un fonds régional de garantie pour faciliter le financement des MPME, avec un objectif de 50 000 entreprises formalisées par an ;

l’adoption d’une norme CEDEAO harmonisée, permettant à un produit certifié dans un État membre d’être reconnu automatiquement dans les autres pays ;

le déploiement d’un programme régional de formation et d’insertion, inspiré du dispositif béninois Azôli, visant la formation de 100 000 jeunes par an, dont au moins 40 % de femmes ;

le renforcement du contenu local obligatoire dans les pôles industriels et dans les marchés publics régionaux ;

la création d’un observatoire régional des pôles industriels, chargé d’assurer un suivi annuel des progrès réalisés.

Le Bénin défend une vision commune pour la CEDEAO

En conclusion de son intervention, Alvyne Alia a appelé les parlementaires communautaires à dépasser les approches nationales pour construire un véritable modèle régional. L’ambition défendue par le Bénin est de faire adopter par la CEDEAO une stratégie commune des pôles industriels plutôt que de multiplier des initiatives isolées dans chaque État. Une telle approche permettrait, selon elle, de transformer le marché ouest-africain de plus d’un milliard de consommateurs en une chaîne de valeur intégrée, compétitive et créatrice d’emplois.

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La Rédaction

By Jupiter

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