Les autorités congolaises ont décidé de suspendre les activités dans plusieurs universités publiques situées dans l’est du pays, en raison de la dégradation persistante de la situation sécuritaire. Cette mesure concerne notamment des établissements implantés à Goma et à Bukavu, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Une décision dictée par l’insécurité
Dans un communiqué officiel relayé par Africanews, le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé l’arrêt des activités académiques et para-académiques « jusqu’à nouvel ordre » dans les zones concernées. Les autorités justifient cette décision par un contexte sécuritaire jugé préoccupant, qui perturbe le fonctionnement normal des institutions universitaires.
Depuis plusieurs années, ces régions sont en proie à des violences liées à la présence de groupes armés, dont le M23. Ce mouvement rebelle, accusé d’être soutenu par le Rwanda, contrôle désormais des portions importantes du territoire, y compris les villes de Goma et de Bukavu.
Des mesures pour limiter l’impact sur les étudiants
Face à cette situation, le gouvernement assure avoir pris des dispositions pour éviter une interruption prolongée des parcours académiques, rapporte Africanews. Les universités situées dans des zones épargnées par les combats sont invitées à accueillir les étudiants déplacés et à faciliter leur intégration.
De son côté, un responsable du M23 a indiqué qu’un mécanisme était en préparation pour permettre aux étudiants concernés de poursuivre leurs études malgré le contexte de crise.
Un système éducatif fragilisé par le conflit
La suspension intervient également dans un climat de tensions accrues entre les autorités et le M23. Début août, Kinshasa avait dénoncé des nominations jugées illégales au sein de certaines universités situées en zones contrôlées par la rébellion.
Alors que l’est de la RDC reste marqué par plus de trente ans de conflits, cette nouvelle décision illustre l’impact direct de l’insécurité sur le système éducatif. Elle intervient toutefois au moment où des discussions de paix entre les deux parties commencent à émerger, laissant entrevoir une possible désescalade.
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Bour-Han O. Amoussa
