Après plusieurs années de repli, le marché international du coton amorce une reprise notable en 2026. Portée par une contraction de l’offre mondiale et une demande industrielle soutenue, cette dynamique ouvre de nouvelles perspectives pour les pays africains producteurs. Selon un rapport publié par Afreximbank, cette embellie pourrait se traduire par des gains significatifs pour les économies capables de renforcer leur chaîne de valeur.

Dans ce contexte, le Bénin apparaît comme l’un des pays les mieux positionnés pour capitaliser sur la hausse des cours. Réputé pour la qualité et la traçabilité de son coton, le pays bénéficie d’une forte demande des filatures asiatiques. Mais surtout, il s’illustre par sa stratégie de transformation locale, incarnée par la Zone industrielle de Glo-Djigbé.

Ce pôle industriel dédié permet de passer progressivement d’une économie d’exportation de fibre brute à une production à plus forte valeur ajoutée. Selon les projections relayées par Agence Ecofin, le coton béninois pourrait générer jusqu’à 800 millions de dollars une fois transformé en produits finis, contre environ 40 millions auparavant à l’export brut. Une mutation stratégique qui renforce la résilience du secteur face aux fluctuations des marchés.

Une reprise des prix soutenue par les fondamentaux

Le redressement des cours s’explique par un déséquilibre entre l’offre et la demande. D’après les prévisions du Département américain de l’Agriculture, la production mondiale devrait reculer de 5, 5% avec 116 millions de balles en 2026-2027 contre 122,7 millions de balles, la saison écoulée. La consommation, quant à elle, devrait progresser et atteindre environ 122 millions de balles lors de la saison 2026-2027. Cette tension devrait réduire les stocks à leur plus bas niveau depuis plusieurs années.

Par ailleurs, la hausse des coûts de production du polyester, liée à l’augmentation des prix de l’énergie, renforce l’attractivité du coton, principal concurrent des fibres synthétiques.

Des défis structurels à surmonter

Malgré ces opportunités, plusieurs pays africains restent confrontés à des contraintes majeures. La baisse des rendements, les aléas climatiques et le coût élevé des intrants pèsent sur la production, notamment au Tchad, au Cameroun et au Mali.

Face à la concurrence de grands exportateurs comme le Brésil, le rapport d’Afreximbank insiste sur trois priorités, notamment l’amélioration de la productivité, l’optimisation de la logistique ainsi que l’accélération de l’industrialisation locale. Des leviers indispensables pour permettre au continent de transformer l’embellie actuelle en gains durables.

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Bour-Han O. Amoussa

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