À Glidji-Kpodji, dans le sud-est du Togo, le peuple Guin a accueilli sa nouvelle année ancestrale avec un symbole particulièrement attendu : la pierre sacrée est apparue blanche. Selon l’interprétation traditionnelle, cette couleur porte un message de paix, de pureté et de prospérité pour les mois à venir.
Selon les informations raportées par Le Journal du Togo, des centaines de fidèles, de responsables traditionnels, de visiteurs et de membres du gouvernement se sont retrouvés à Glidji-Kpodji, près d’Aného, pour la célébration de l’Épé-Ékpé, le Nouvel An traditionnel du peuple Guin. Au cœur de cette cérémonie annuelle, le Kpessosso, ou prise de la pierre sacrée, qui marque l’entrée dans une nouvelle année ancestrale.
Une pierre blanche, porteuse d’espoir
Comme chaque année, tous les regards étaient tournés vers la pierre sacrée. Sa couleur, scrutée avec attention par les fidèles, est traditionnellement considérée comme un message destiné à guider la communauté durant le nouveau cycle.
En 2026, la pierre est apparue blanche. Pour les prêtres vaudou et les gardiens de la tradition, cette teinte est associée à la pureté, à la paix et à la prospérité.
Le message comporte toutefois des recommandations. La tradition invite notamment à faire des offrandes aux jumeaux et aux personnes vulnérables, mais aussi à éviter les querelles et la violence domestique, particulièrement celles visant les femmes. « La pierre, de couleur blanche, annonce une année de pureté, de paix et de prospérité », explique le prêtre vaudou Afanou Tata Amim.
Le Kpessosso, un rendez-vous chargé de symboles
L’Épé-Ékpé ne se résume pas à la prise de la pierre. Il constitue un vaste ensemble de rites qui rythment le Nouvel An du peuple Guin selon un calendrier traditionnel.
Pendant la cérémonie, les fidèles, vêtus notamment de blanc et parés de colliers de perles, chantent, dansent et participent aux différents rites. Certains entrent en transe, donnant à la célébration une dimension à la fois spirituelle, culturelle et spectaculaire.
363 ans de tradition
Avec cette nouvelle cérémonie, le peuple Guin entre dans sa 363ᵉ année traditionnelle. Le rite du Kpessosso est associé à une histoire qui remonte à 1663, période durant laquelle des populations venues de l’ancienne Côte-de-l’Or, l’actuel Ghana, se sont installées dans la région. Au fil des siècles, l’Épé-Ékpé est ainsi devenu un élément majeur de l’identité culturelle Guin et un rendez-vous incontournable du calendrier traditionnel togolais.
L’UNESCO donne une nouvelle dimension au rite
Cette édition intervient dans un contexte particulier. En décembre 2025, les rites du Nouvel An du peuple Guin, dont le Kpessosso constitue le temps fort, ont été inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.
Cette reconnaissance internationale renforce la visibilité de cette tradition et place désormais le Kpessosso parmi les patrimoines culturels togolais appelés à rayonner au-delà des frontières.
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La Rédaction
