Invité sur les ondes de Capp FM le 3 mai 2025, le juriste et membre du parti Les Démocrates a lancé un cri du cœur pour des primaires claires et équitables en vue de 2026. Sans langue de bois, il fustige toute manœuvre opaque, évoque Réckya Madougou comme symbole de résistance et exhorte à l’unité autour d’une opposition crédible et sincère.
En direct sur Capp FM à Cotonou, le 3 mai 2025, Nourou-dine Saka Saley n’a pas mâché ses mots. Juriste d’affaires et figure reconnue du parti Les Démocrates, il a opiné sur ce qu’il appelle « toute tentative de mascarade » dans le choix du candidat à la prochaine présidentielle. Pour lui, pas question d’aller à la bataille électorale avec des dés pipés.

L’heure n’est plus aux arrangements entre amis, martèle-t-il. Il faut, selon lui, un processus de désignation limpide, juste, et partagé par tous. Hors de question de servir de faire-valoir à une manœuvre cousue de fil blanc. « Si c’est flou, je ne m’engagerai pas », a-t-il lancé, posant ainsi ses propres limites.
Ce qui est en jeu, insiste-t-il, dépasse les ambitions personnelles. Il s’agit de l’avenir du parti, et surtout de la confiance que les électeurs accorderont ou non à l’opposition. Ce cri du cœur trouve un écho dans la mesure où plusieurs militants réclament également des primaires ouvertes, sincères, où chacun pourra défendre ses idées à la lumière du jour. Fidèle à son style direct, Nourou-dine Saka Saley dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
Réckya Madougou, toujours dans les cœurs
Au micro de la radio du succès, il a rappelé son propre retrait à la présidentielle de 2021 au profit de Réckya Madougou et Eric Houndété. Il l’avait fait, dit-il, au nom du rassemblement et de l’efficacité. Aujourd’hui encore, son regard reste tourné vers celle qu’il appelle une martyre politique.
Selon lui, rien n’empêche le parti de reconduire symboliquement la candidature de Réckya Madougou, même si elle est toujours en prison. Ce serait, à ses yeux, un geste de fidélité à un combat, un rappel que celle-ci est emprisonnée pour avoir osé défendre un idéal, et qu’elle n’a pas été oubliée. Il cite l’exemple du maire d’Istanbul, élu malgré les barreaux, et invite Les Démocrates à oser. À poser un acte qui rassemble, qui inspire, qui réveille une base parfois démobilisée.
Même si juridiquement l’idée est aujourd’hui irréalisable, politiquement, elle a du sens. Elle porte un message de mémoire, de cohérence, et de résistance. Et surtout, elle refuse d’effacer une histoire trop vite étouffée.
Faut-il le souligner, à la question de savoir s’il sera candidat en 2026, Nourou-dine affirme : « ceux qui m’appellent à être candidat, je les écoute. »
N. Faboladji Abèrèkéré
