Emmanuel Macron a choisi Sébastien Lecornu pour succéder à François Bayrou, au lendemain de la démission de ce dernier après le rejet de son projet budgétaire. Le nouveau Premier ministre devra rapidement relever le défi du budget 2026 et apaiser un climat social déjà tendu.

Emmanuel Macron n’a pas tardé. À peine quelques heures après la démission de François Bayrou, il a porté son choix sur Sébastien Lecornu pour occuper le poste de Premier ministre. Il s’agit du septième locataire de Matignon nommé par le chef de l’État en huit ans, un chiffre qui illustre la volatilité du gouvernement face aux crises successives. Selon Ouest-France, cette nomination s’est faite dans l’urgence, alors que la situation sociale et budgétaire du pays exigeait une réponse rapide.

Pour Sébastien Lecornu, la mission s’annonce corsée. Outre la composition de son gouvernement, il devra se pencher sans délai sur l’épineuse question du budget 2026, qui a précipité la chute de son prédécesseur. Le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, avait insisté sur « l’urgence à nommer un Premier ministre » afin de ne pas laisser « de pouvoir vacant » à la veille du mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre et de la mobilisation syndicale du 18 septembre, redoutant un mois « propice à tous les débordements ».

Faut-il le rappeler, François Bayrou avait pris un pari risqué. Confronté au rejet massif de son projet budgétaire le 15 juillet, il avait engagé la responsabilité de son gouvernement en invoquant l’article 49.1 de la Constitution. Le 8 septembre, sa tentative de vote de confiance a échoué : 364 députés ont voté contre, contre seulement 194 en sa faveur. Désemparé, il a remis sa démission le mardi suivant.

Le scrutin met en lumière un paysage politique fragmenté. La gauche et le Rassemblement National ont voté contre la confiance, tandis que Les Républicains ont affiché une division interne avec 27 votes pour, 13 contre et 9 abstentions. Dans le camp présidentiel, François Bayrou pouvait compter sur le soutien quasi total, à l’exception notable de Violette Spillebout, députée du Nord, qui s’est abstenue.

Sébastien Lecornu hérite donc d’un gouvernement affaibli, d’un parlement divisé et d’un calendrier social chargé. Son défi était de convaincre les députés et calmer un pays prêt à manifester.

N. F. A.

By Jupiter

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