Le poids croissant du service de la dette réduit fortement les capacités d’investissement des pays du Sud dans l’éducation. Dans un rapport publié le 10 juillet 2026, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) alerte notamment sur la situation de l’Afrique subsaharienne, où les États consacrent en moyenne 3,6 fois plus de ressources au remboursement de leur dette qu’à l’éducation.

Huit pays africains particulièrement exposés

Intitulé « Breaking the debt trap: policy paper on restoring fiscal space to save education », le rapport de l’UNESCO, relayé par Agence Ecofin, révèle que huit pays d’Afrique subsaharienne figurent parmi les 18 pays du Sud dont le service de la dette représente au moins cinq fois les dépenses publiques consacrées à l’éducation.

L’Angola affiche le ratio le plus élevé de la région, avec un service de la dette 12,2 fois supérieur aux dépenses d’éducation. Suivent la Sierra Leone (8,4), la Gambie (6,2), la République du Congo et la Zambie (5,9 chacune), la République de Maurice et l’Ouganda (5,3 chacun), puis le Tchad (5,1).

Cette pression dépasse toutefois les frontières africaines. En 2025, le service de la dette a été supérieur aux dépenses publiques d’éducation dans 113 pays du Sud, représentant quelque 6,1 milliards d’habitants.

La dette intérieure accentue la pression

Selon l’organisation onusienne, le problème ne provient plus uniquement de la dette extérieure. La dette intérieure représente désormais une source majeure de pression budgétaire. En moyenne, elle constitue 62 % du service total de la dette, tandis que 101 pays consacrent plus de la moitié de leurs remboursements au règlement de créances domestiques.

Cette situation pèse directement sur les dépenses récurrentes, notamment les salaires des enseignants, le matériel pédagogique et l’entretien des établissements scolaires. Depuis 2017, chaque dollar supplémentaire consacré au remboursement de la dette aurait ainsi été associé, en moyenne, à une diminution de 0,28 dollar des dépenses d’éducation en termes réels, rapporte Agence Ecofin.

L’UNESCO appelle à revoir les mécanismes de dette

Pour l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, cette dynamique risque d’affaiblir durablement les systèmes éducatifs et, par conséquent, la productivité et les recettes futures des États. Le déficit annuel de financement nécessaire aux pays à revenu faible et intermédiaire pour atteindre leurs objectifs en matière d’éducation est estimé à 97 milliards de dollars.

Face à cette situation, l’UNESCO appelle le G20, les institutions financières internationales et les créanciers à revoir les mécanismes de restructuration de la dette. Elle recommande notamment de sanctuariser les budgets consacrés à l’éducation, d’accorder des allégements de dette suffisants et de renforcer les financements concessionnels destinés au secteur éducatif.

Rejoignez nous sur Whatsapp

https://whatsapp.com/channel/0029Vary7ry96H4T5J95FD3z

Bour-Han O. Amoussa

By Jupiter

Solverwp- WordPress Theme and Plugin