À l’occasion de la Journée mondiale de la photographie, célébrée ce 19 août 2026, nous avons interrogé Candide Affognon, photographe et réalisateur béninois. De sa passion pour l’image aux réalités économiques du métier, en passant par la concurrence des smartphones et l’impact de l’intelligence artificielle, il livre son regard sur une profession en pleine évolution. Pour lui, malgré les nouvelles technologies, « le photographe professionnel a toujours sa place ». Lisez plutôt 

Qu’est-ce qui vous a conduit vers la photographie et qu’est-ce qui vous retient encore aujourd’hui derrière l’objectif ?

C’est le goût de l’image, le goût de capturer le moment qui m’a conduit vers la photographie et la passion continue que j’ai pour la chose, celle que je n’ai pas encore quittée.

Qu’est-ce que vous ressentez quand vous capturez des images inédites, des moments inespérés ?

C’est un plaisir fou de savoir qu’on a quand même réussi à arrêter un moment et qu’on peut le revoir plus tard.

« La photographie est un métier qui nourrit son homme »

Aujourd’hui, le monde célèbre la photographie. Est-ce qu’au Bénin, on peut réellement vivre de ce métier ?

Oui, au Bénin, les gens vivent de la photographie. C’est un métier noble, un métier respectable. Il y a plusieurs associations et tout ce qui va avec. C’est quand même un métier qui nourrit son homme.

Candide Affognon

À titre personnel, quel est le plus gros montant que vous avez gagné grâce à une prestation photographique ?

Je pense que c’est 500 000 francs CFA, pour un événement de huit heures.

Le matériel, un défi pour les photographes béninois

Quels sont les principaux défis auxquels les professionnels comme vous sont confrontés aujourd’hui ?

Le matériel. L’évolution du matériel, l’évolution de la technologie font que nous n’avons pas la chance de pouvoir acheter directement ce qui vient de sortir.

Il faut attendre un bon moment avant que les prix ne soient réduits et qu’on arrive maintenant à acheter. Donc, on n’arrive pas à suivre le défi du moment comme les autres passionnés de l’image, notamment en Europe, qui peuvent acheter rapidement un objectif, tester le matériel et donner leur avis dessus.

Nous n’avons pas la chance d’y avoir accès parce que le matériel n’est pas assez disponible ici, dans notre région, dans notre zone.

Smartphones : « Ils ne pourront jamais remplacer les appareils photo »

À l’ère des smartphones et des réseaux sociaux, quelle est encore la place du photographe professionnel ?

Le photographe professionnel a toujours sa place dans ce sens où les smartphones ne pourront jamais remplacer les appareils photo. Ce n’est pas possible.

Les smartphones ont quand même des caméras avec de petites puces qui ne permettent pas d’avoir les mêmes qualités d’image et ne permettent pas non plus d’avoir les mêmes possibilités que le photographe avec ses objectifs et ses appareils.

Intelligence artificielle : « Il y a toujours une différence »

Avec l’essor de l’intelligence artificielle et des images générées, pensez-vous que la photographie traditionnelle est menacée ?

Non, je ne pense pas. À chaque fois que je vois une image générée, je sens, je sais, je peux toujours, avec les notions qu’on a apprises à l’école, déterminer que cette image-là n’a pas la même qualité.

Ce n’est pas une photo prise par un photographe professionnel. C’est quand même une image générée.

Donc, pour vous, il y a toujours une différence ?

Oui, toujours.

« La culture vaudou, c’est tout ce que nous avons à vendre »

Si vous aviez une seule réalité du Bénin à montrer au monde à travers votre objectif, laquelle choisiriez-vous et pourquoi ?

La réalité culturelle. C’est tout ce que nous avons à vendre.

Quoi précisément ?

La culture.

La culture vaudoun ?

La culture vaudoun.

« Il faut toujours prévoir la place du photographe »

Monsieur Candide, nous sommes presque à la fin de cet entretien. Quel est votre mot de fin à l’occasion de cette Journée mondiale de la photographie ?

Je dirais aux gens de toujours prévoir la place du photographe sur les événements et de ne pas attendre d’avoir fini de planifier les événements pour se dire : « Ah, on a oublié le photographe, il faut quand même prévoir 50 000 francs CFA pour le photographe. » Pour moi, le photographe doit être pris en compte dès la préparation de l’événement.

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Fiacre Awadji

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