Le Bénin se classe 128ᵉ sur 141 pays dans l’édition 2024 du Global Knowledge Index (GKI), avec un score de 32,5 sur 100. Publié par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Mohammed Bin Rashid Al Maktoum Knowledge Foundation, cet indice mesure les capacités des pays à produire, diffuser et utiliser les connaissances. Avec une moyenne mondiale de 47,8 points, le classement met en évidence l’écart entre le Bénin et les pays les mieux positionnés, mais aussi les différences entre pays africains.
Avec 32,5 points, le Bénin se situe derrière le Nigeria (40,3), le Ghana (37,4), le Sénégal (35,2), la Côte d’Ivoire (34,2) et le Togo (33,6). Il devance en revanche le Mali et la Mauritanie (29), le Burkina Faso (28,2), le Niger (25,8) et le Tchad (23,4). Le Nigeria, 103ᵉ au niveau mondial, est le pays ouest-africain continental le mieux classé parmi ceux présents dans l’indice. Le Ghana occupe la 114ᵉ place, le Sénégal la 119ᵉ, la Côte d’Ivoire la 125ᵉ et le Togo la 127ᵉ. Le Cap-Vert se distingue avec une 74ᵉ place et un score de 46,3.
Ces écarts montrent que les pays d’Afrique de l’Ouest ne présentent pas le même niveau de développement de leurs écosystèmes du savoir. Ils permettent d’établir des comparaisons, mais ne suffisent pas à attribuer les différences à un facteur unique.
Un indice qui dépasse l’éducation
Le GKI ne mesure pas uniquement les performances scolaires. Il repose sur sept piliers : l’éducation pré-universitaire, l’enseignement technique et professionnel, l’enseignement supérieur, la recherche-développement et l’innovation, les technologies de l’information et de la communication, l’économie et l’environnement favorable.
Cette approche permet d’évaluer à la fois les capacités éducatives, technologiques et scientifiques, mais aussi les conditions économiques et institutionnelles nécessaires à la production et à la valorisation du savoir. À l’échelle mondiale, la Suède arrive en tête avec 68,3 points, devant la Finlande (68), la Suisse (67,9), le Danemark et les Pays-Bas (66,8 chacun).
Un profil béninois contrasté
Le score global du Bénin ne signifie pas que le pays obtient les mêmes résultats dans toutes les composantes. Il atteint 33,6 points dans l’éducation pré-universitaire, 35,6 dans l’enseignement technique et professionnel, 26,5 dans l’enseignement supérieur, 27 dans la recherche-développement et l’innovation, 29,7 dans les TIC, 38,3 dans l’économie et 43,8 dans l’environnement favorable.
Ces données font apparaître des écarts importants entre les différents maillons de l’écosystème national du savoir. L’environnement favorable et l’économie obtiennent notamment des scores supérieurs à ceux de l’enseignement supérieur et de la recherche-développement et de l’innovation.
Le profil national relève aussi des points forts et des domaines d’amélioration. Parmi les points forts figurent notamment la proportion de travailleurs qualifiés dans la production, la formation brute de capital fixe, certains indicateurs de financement des micro, petites et moyennes entreprises ainsi que la croissance des entreprises innovantes. Des marges de progression sont notamment relevées dans certains indicateurs liés à la propriété intellectuelle, à la sous-utilisation de la main-d’œuvre et au ratio élèves-enseignants dans l’enseignement supérieur.
La langue ne suffit pas à expliquer les écarts
La comparaison entre pays francophones, anglophones et lusophones peut être intéressante, mais elle doit rester prudente. Les résultats du GKI ne permettent pas d’affirmer que l’appartenance à l’espace francophone explique les performances du Bénin ou de ses voisins.
Les politiques publiques, les infrastructures éducatives et numériques, les capacités de recherche, le financement de l’innovation, le fonctionnement des institutions et les liens entre formation et économie interviennent également dans la construction d’un écosystème du savoir.
Le Nigeria et le Ghana obtiennent de meilleurs scores que plusieurs pays francophones voisins, tandis que le Cap-Vert, pays lusophone, affiche une performance supérieure à celle de ces États. Les résultats invitent donc à dépasser une lecture fondée uniquement sur la langue.
Des marges de progression pour le Bénin
À l’échelle africaine, les Seychelles obtiennent 53 points et Maurice 50,9, deux scores supérieurs à la moyenne mondiale de 47,8. Le Cap-Vert constitue également un cas intéressant, avec 46,3 points. Sa situation reste toutefois difficilement comparable à celle du Bénin en raison de différences démographiques et économiques importantes.
Pour le Bénin, l’intérêt du GKI réside surtout dans l’identification des secteurs où des progrès restent nécessaires. L’enseignement supérieur, la recherche-développement et l’innovation ainsi que les TIC apparaissent notamment comme des domaines prioritaires au regard de leurs scores.
Le classement ne constitue donc pas un jugement définitif sur le système éducatif ou la capacité d’innovation du pays. Il offre plutôt une photographie de ses capacités actuelles et permet de mesurer les écarts avec d’autres pays.
L’enjeu est désormais de transformer ces données en leviers d’action : renforcer la qualité de l’enseignement supérieur, soutenir la recherche, développer l’innovation, former davantage de compétences et améliorer les connexions entre connaissances, technologies et activité économique. Plus qu’un constat d’échec, le GKI peut ainsi servir d’outil pour orienter les priorités nationales et identifier les marges de progression du Bénin.
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Brunelle Tchobo
