Le paysage médiatique malien est en pleine mutation. En 2026, la radio et la télévision conservent leur statut de principales sources d’information, mais TikTok s’impose désormais comme un acteur incontournable. Dans le même temps, près d’un Malien sur cinq reconnaît avoir cru ou partagé une information finalement fausse.
C’est l’un des principaux enseignements du Mali-Mètre 2026, enquête d’opinion menée par la Friedrich-Ebert-Stiftung auprès de 2 220 personnes dans le District de Bamako et dix capitales régionales. L’étude met en évidence une transition médiatique rapide, portée par les usages numériques et particulièrement par les jeunes.
La radio résiste, TikTok s’impose
Malgré l’essor des réseaux sociaux, la radio reste la première source d’information des Maliens, avec 27,3 % des personnes interrogées. La télévision arrive en deuxième position avec 21,7 %. Ces médias traditionnels conservent un avantage important dans un pays où l’accès à Internet, à l’électricité et aux équipements numériques demeure inégal selon les territoires.
Mais derrière ce duo, un nouveau concurrent bouleverse la hiérarchie. Il s’agit de TikTok, qui, cité par 19,7 % des sondés, talonne désormais la télévision. Le réseau chinois devance largement Facebook, qui recueille 8,5 %, tandis que les sites Internet représentent 6,9 % et WhatsApp 4,8 %. YouTube ferme la marche avec seulement 0,4 %. Le bouche-à-oreille conserve également une place non négligeable. 9,4 % des Maliens déclarent ainsi s’informer auprès de leur famille ou de leurs amis.
L’actualité nationale reste la priorité
Sur le contenu recherché, l’actualité nationale domine très largement les préoccupations. 52,7 % des personnes interrogées déclarent s’informer principalement sur les événements nationaux.
L’actualité internationale arrive loin derrière avec 19,2 %, suivie des questions sécuritaires avec 11 % et des débats politiques avec 8 %. Le divertissement et le sport représentent respectivement 3,8 % et 2,3 %. Ces chiffres traduisent un intérêt marqué pour les enjeux qui touchent directement le quotidien des populations, dans un contexte national marqué notamment par les questions sécuritaires, économiques et sociales.
Fake news : les jeunes particulièrement exposés
C’est l’un des résultats les plus préoccupants de l’étude. 19,7 % des personnes interrogées déclarent avoir cru ou partagé, au cours des douze derniers mois, une information qui s’est finalement révélée fausse.
Le phénomène est particulièrement marqué chez les jeunes. Chez les 18-24 ans, le taux atteint 29,8 %, soit près d’un jeune sur trois. Il s’établit ensuite à 19,9 % chez les 25-35 ans, 13,3 % chez les 36-55 ans et 10,2 % chez les personnes âgées de 56 ans et plus. Cette différence générationnelle met en évidence les nouveaux défis liés à la circulation rapide des contenus sur les plateformes numériques. Plus présents sur les réseaux sociaux, les jeunes sont aussi davantage exposés à des contenus dont l’origine, la fiabilité ou le contexte peuvent être difficiles à vérifier.
L’éducation élargit l’horizon informationnel
L’étude révèle également une différence selon le niveau d’instruction. L’intérêt pour l’actualité internationale augmente avec le niveau d’éducation. Il passe de 16,3 % chez les personnes sans niveau d’instruction à 24,2 % chez celles ayant atteint le supérieur.
À l’inverse, l’intérêt pour l’actualité nationale diminue avec le niveau d’études, passant de 56,2 % à 47,1 %. Cette évolution suggère que l’éducation contribue à élargir les centres d’intérêt informationnels et à ouvrir davantage les citoyens sur les enjeux internationaux.
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Fiacre Awadji
