Le Bénin s’impose parmi les pays africains les plus avancés en matière de gouvernance de l’intelligence artificielle (IA). Selon un classement publié en juillet 2026 par Lawyers Hub, un laboratoire panafricain spécialisé dans les technologies juridiques et les politiques du numérique, le pays figure sur le podium continental aux côtés du Rwanda et du Nigeria, confirmant sa progression dans la structuration de ses politiques numériques.
Intitulé Africa AI Governance Index (AAIGI), ce rapport analyse les capacités de gouvernance de l’IA dans 54 pays africains à partir de 80 indicateurs. Selon les informations rapportées par Agence Ecofin, il évalue notamment les stratégies nationales, les cadres réglementaires, les infrastructures, les compétences humaines et les mécanismes éthiques.
En tête du classement, le Rwanda se distingue avec un score de 3,25 sur 4, seul pays à afficher une cohérence notable entre vision stratégique et application concrète. Il est suivi du Nigeria (2,81 points) et du Bénin (2,58 points), qui complète ce trio de tête. Ces trois États sont les seuls à être considérés comme disposant d’une gouvernance établie de l’IA.
Une progression réelle, mais encore fragile
Derrière le peloton de tête, plusieurs pays se distinguent également en affichant des niveaux intermédiaires. Le top 10 est complété respectivement par des pays comme le Kenya (4e ; 2,47 pts), le Maroc (5e ; 2,38 pts), l’Egypte (6 ; 2,25 pts), l’Ethiopie (7e ; 2,22 pts), le Ghana (8e ; 2,21 pts), Maurice (9e ; 2,20 pts) et la Tunisie (10e ; 2,12 pts). Au total, 16 États sont en phase de développement, tandis que la majorité du continent reste à un stade embryonnaire.
Cependant, le rapport met en évidence une réalité contrastée. Si de nombreux pays africains ont élaboré des stratégies ambitieuses, leur mise en œuvre demeure limitée. Les scores les plus élevés sont enregistrés dans le pilier « stratégie et vision », alors que le volet « mise en œuvre et impact » reste le point faible généralisé.
L’Afrique face au défi de l’opérationnalisation
Aucune sous-région ne dépasse la moyenne globale de l’indice, confirmant que la gouvernance de l’IA en Afrique reste encore en phase émergente. Le manque de ressources financières, d’institutions de régulation solides et de capacités techniques freine l’exécution des politiques adoptées, précise Agence Ecofin.
Malgré ces limites, la position du Bénin dans ce classement traduit une dynamique positive. Elle souligne surtout l’enjeu désormais central pour les États africains, à savoir celui de la transformation de leurs ambitions numériques en résultats concrets et mesurables.
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Bour-Han O. Amoussa
