Le Bénin maintient une dynamique économique solide, mais son système financier peine encore à mobiliser des ressources de long terme. Dans son rapport pays 2026, la Banque africaine de développement (Bad) recommande des réformes structurelles pour consolider les bases du financement de l’économie.

L’économie béninoise affiche des performances encourageantes, avec une croissance projetée à 7,0 % en 2026 et 7,1 % en 2027, après 8,1 % en 2025. L’inflation reste contenue, confirmant une certaine stabilité macroéconomique, selon les informations relayées par La Nation.

Malgré ces résultats, le rapport de la Bad souligne des limites structurelles, notamment la faible capacité du système financier à mobiliser des financements à long terme, indispensables au développement des secteurs productifs.

Un système financier encore peu profond

Le paysage financier reste dominé par les banques, qui concentrent l’essentiel des actifs et privilégient des placements de court terme. Le crédit au secteur privé demeure limité, avec une orientation majoritaire vers le commerce et les ménages.

Des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’industrie ou les infrastructures restent insuffisamment financés. Cette situation est en partie liée aux contraintes du système judiciaire et aux exigences prudentielles, qui incitent les établissements à privilégier les titres publics.

Miser sur les marchés de capitaux régionaux

Pour corriger ces déséquilibres selon le quotidien de service public, la Bad recommande de renforcer le rôle de la Bourse régionale des valeurs mobilières et des acteurs du marché financier. Le développement de produits d’épargne collective est également préconisé afin de mieux capter les ressources des ménages.

L’institution encourage aussi une meilleure structuration du marché des titres publics et une diversification des instruments financiers pour allonger les maturités.

Accélérer la transition vers des financements innovants

Le rapport met en avant le potentiel des finances climatiques et de la finance islamique. Le Bénin a déjà amorcé ce virage avec l’émission d’un Sukuk international et la mise en place de mécanismes de financement vert.

Ces outils sont appelés à jouer un rôle clé dans la mobilisation de ressources supplémentaires, notamment pour les projets liés au développement durable.

Mieux gérer les risques pour renforcer la confiance

Enfin, la Bad insiste sur l’importance d’une gestion rigoureuse des risques souverains. Elle recommande la mise en place d’outils modernes de suivi de la dette et le renforcement du cadre institutionnel.

Ces réformes visent à améliorer la crédibilité financière du pays et à attirer davantage d’investissements, dans un contexte où les besoins de financement restent élevés.

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Bour-Han O. Amoussa

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