L’intelligence artificielle peut aider à repérer des contenus suspects, mais elle permet aussi de produire des images, des voix et des vidéos de plus en plus difficiles à distinguer du réel. Cette dualité a été au cœur du 21ᵉ et dernier webinaire du projet « Ma Voix Compte : Protéger et amplifier la voix des jeunes sur Internet », consacré aux enjeux éthiques et aux perspectives de l’intelligence artificielle.

Organisée par l’ONG Amicale Pour le Développement Durable (APDD), la séance s’est tenue le mardi 15 septembre 2026, de 20h à 22h, sur Google Meet. Elle a réuni 17 participants autour de Jean-Luc ALLABI, expert intervenant, sous la modération de Faïssol ADENIRAN, expert en liberté d’expression et droit du numérique.

Une technologie qui peut servir les deux camps

L’un des principaux enseignements de cette dernière séance est la double utilisation possible de l’intelligence artificielle.

D’un côté, l’IA peut contribuer à la vérification des contenus. Elle peut notamment aider à analyser des textes, repérer certains indices dans des images ou vidéos, rechercher des contenus similaires et accélérer certaines étapes du fact-checking.

De l’autre, les mêmes technologies peuvent être utilisées pour fabriquer des contenus trompeurs. Deepfakes, voix clonées, textes générés en masse ou encore comptes automatisés peuvent faciliter la production et la diffusion de fausses informations.

Cette évolution pose ainsi un nouveau défi : les outils utilisés pour vérifier les contenus doivent évoluer face à des techniques de manipulation qui progressent elles aussi.

Les deepfakes et les voix clonées compliquent la vérification

Au cours du webinaire, l’expert a attiré l’attention sur plusieurs tendances susceptibles de modifier davantage le paysage de la désinformation : des vidéos truquées plus accessibles, des voix clonées de plus en plus réalistes et des textes générés à grande échelle.

Dans ce contexte, se fier uniquement à ce que l’on voit ou entend devient plus risqué. Un contenu qui semble authentique peut nécessiter des vérifications supplémentaires avant d’être présenté comme une information fiable.

L’IA peut alors être mobilisée comme outil d’assistance, mais ses résultats doivent être confrontés à d’autres éléments. Une détection automatisée ne suffit pas, à elle seule, à établir l’authenticité ou la falsification d’un contenu.

Cinq principes pour garder l’humain au centre

Face à ces risques, Jean-Luc ALLABI a présenté cinq repères pour un usage responsable de l’intelligence artificielle dont transparence, équité, protection de la vie privée, responsabilité humaine et neutralité politique.

Le principe de responsabilité humaine occupe une place centrale dans cette approche. Même lorsqu’un outil fournit une analyse ou un signal d’alerte, la décision finale doit rester soumise à une vérification humaine.

La protection des données personnelles constitue également un enjeu important, notamment lorsque les outils numériques sont utilisés pour identifier ou analyser des personnes.

Ne pas exposer un auteur de fake news

Les échanges avec les participants ont permis d’aborder une question concrète : faut-il révéler publiquement l’identité d’une personne soupçonnée d’avoir créé ou diffusé une fake news ?

La réponse apportée durant la séance a mis en avant les risques liés à l’exposition d’une personne sur les réseaux sociaux, notamment lorsqu’elle pourrait entraîner du harcèlement ou des conséquences judiciaires.

Le modérateur a ainsi recommandé de ne pas publier l’identité d’un auteur présumé sur les réseaux sociaux, mais de privilégier le signalement aux autorités compétentes, avec les éléments numériques disponibles.

Une autre question a porté sur l’utilisation de la reconnaissance faciale pour identifier un compte suspect. Là encore, le débat a rappelé que les outils technologiques ne doivent pas faire disparaître les exigences liées au consentement, à la vie privée et au respect des règles applicables.

Après 21 webinaires, le défi continue

Cette dernière séance a également ouvert la réflexion sur l’avenir. Parmi les scénarios évoqués figurent une démocratisation des outils de vérification, une coexistence durable entre technologies de désinformation et outils de détection, mais aussi la possibilité que certaines manipulations deviennent plus difficiles à repérer.

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La Rédaction

By Jupiter

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