Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC), le journaliste béninois Hervé Prudence Hessou a décidé de transformer son expérience en un engagement pour la santé publique. À travers son association AVerCion Aversion, le président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB) lance, du 25 octobre au 1er novembre 2026, une vaste campagne de sensibilisation pour informer les populations, promouvoir la prévention et encourager les bons réflexes face à cette urgence médicale.

Il a survécu à un AVC. Aujourd’hui, il veut contribuer à éviter que d’autres en soient victimes. Hervé Prudence Hessou, journaliste depuis près d’un quart de siècle et président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), fait désormais de la lutte contre les accidents vasculaires cérébraux un engagement personnel et collectif.

À travers l’association AVerCion Aversion, dont il assure la présidence, il entend briser le silence autour de cette maladie, encore insuffisamment connue des populations, malgré ses conséquences parfois dramatiques.

Du dimanche 25 octobre au dimanche 1er novembre 2026, l’organisation déploiera une campagne de sensibilisation articulée autour d’un message central : connaître les signes de l’AVC, c’est se donner les moyens d’agir rapidement et de sauver des vies.

Un combat né d’une expérience personnelle

Pour Hervé Prudence Hessou, cette initiative dépasse le simple cadre associatif. Elle trouve son origine dans une épreuve personnelle qui a profondément marqué son parcours. « Il faut forcément communiquer et informer les gens sur l’AVC. On croit le connaître, mais il reste loin de nos connaissances : chacun doit savoir quoi faire quand il le faut. Je ne peux pas être journaliste depuis près d’un quart de siècle et président de l’Union, voir cet incident m’arriver et me taire », explique-t-il.

Le journaliste entend ainsi mettre son expérience et son engagement professionnel au service d’une cause de santé publique. « C’est pourquoi je porte désormais ce combat, un combat noble, pour amener l’information au-delà du niveau actuel, vers la population, avec les médias et les spécialistes », poursuit-il.

Le nom de son association traduit cette détermination. Inspiré du mot « aversion », qui renvoie notamment à l’idée de répulsion, AVerCion Aversion exprime une volonté de détourner l’AVC par la prévention. La lettre « C », substituée au « S », constitue un jeu de mots faisant directement référence à l’accident vasculaire cérébral.

L’AVC, une urgence médicale encore trop méconnue

L’enjeu est considérable. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) citées par les organisateurs, environ 15 millions de personnes sont victimes d’un AVC chaque année dans le monde, avec près de six millions de décès.

L’hypertension artérielle figure parmi les principaux facteurs de risque de cette maladie qui peut provoquer des séquelles neurologiques importantes, voire entraîner la mort.

Au Bénin, une enquête menée à Cotonou auprès de plus de 15 000 habitants a estimé la prévalence de l’AVC à 4,6 cas pour 1 000 personnes. L’étude soulignait également une connaissance insuffisante de la maladie au sein de la population.

Face à cette réalité, AVerCion Aversion mise sur l’information et la communication pour renforcer la prévention.

L’association entend notamment sensibiliser les populations aux principaux facteurs de risque, parmi lesquels figurent l’hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme, la consommation excessive d’alcool et la sédentarité.

Elle veut également vulgariser les signes d’alerte, notamment une déformation soudaine du visage, une faiblesse d’un bras ou des difficultés à parler. Face à ces symptômes, une prise en charge médicale immédiate est indispensable.

Huit jours pour informer, sensibiliser et agir

Pendant huit jours, AVerCion Aversion diffusera quotidiennement des affiches et des fiches pédagogiques consacrées à différents aspects de l’AVC.

La campagne débutera le dimanche 25 octobre par une présentation de l’association et une explication de la maladie. Les journées suivantes seront consacrées à la reconnaissance des signes d’alerte, aux facteurs de risque et aux gestes de prévention.

Le jeudi 29 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’AVC, l’association intensifiera ses actions de sensibilisation.

Une attention particulière sera également accordée à la vie après un AVC, notamment à la rééducation, à l’accompagnement des personnes touchées et au soutien de leurs proches.

L’objectif est de rappeler que la lutte contre cette maladie ne s’arrête pas à la prise en charge d’urgence. Elle implique aussi un accompagnement durable des survivants.

Un grand dialogue le 31 octobre à Cotonou

L’un des temps forts de cette mobilisation sera le « Dialogue Cerveau & Voix », prévu le samedi 31 octobre 2026 à partir de 10 heures, à la Maison des médias Thomas MEGNANSSAN, à Gbèdjromédé, dans la ville de Cotonou.

Cette rencontre réunira des victimes d’AVC, des journalistes, des communicants et plusieurs professionnels de santé, notamment des médecins, des orthophonistes et des kinésithérapeutes.

Les échanges permettront de croiser les expériences des survivants avec les connaissances des spécialistes, tout en mettant en lumière le rôle des médias dans la diffusion des messages de prévention.

Pour les organisateurs, une meilleure information du public peut favoriser la reconnaissance précoce des symptômes et réduire les retards de prise en charge.

Faire des médias des alliés de la prévention

Avec cette initiative, Hervé Prudence Hessou entend également mobiliser les professionnels des médias autour d’une mission qui dépasse leur rôle traditionnel de relais de l’actualité.

Journalistes et communicants sont appelés à devenir des acteurs de la sensibilisation, capables de rendre accessibles les informations médicales essentielles.

L’association AVerCion Aversion ambitionne ainsi de fédérer survivants, professionnels de santé et acteurs de la communication autour d’une même cause.

Sa devise, « Informer · Sensibiliser · Agir », résume cette volonté de transformer les connaissances en réflexes susceptibles de sauver des vies.

Pour Hervé Prudence Hessou, avoir survécu à un AVC n’est plus seulement une histoire personnelle. C’est désormais le point de départ d’un combat collectif : faire en sorte que l’information parvienne à temps à ceux qui en ont besoin.

La Rédaction

By Jupiter

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