À Cotonou, la question du traitement médiatique des Violences basées sur le genre (VBG) s’est invitée au cœur des débats en fin de semaine dernière. Réunis le vendredi 14 août 2026 à la Maison des médias, journalistes, acteurs de la société civile et partenaires ont échangé sur les pratiques à adopter pour informer sans nuire aux victimes.
Pendant près de trois heures, les participants ont planché sur un enjeu sensible : comment traiter les cas de VBG sans renforcer les préjugés ni exposer davantage les victimes. Organisée par le Réseau des acteurs des médias engagés contre les VBG (RAME-VBG), en collaboration avec le consortium SOS Civisme Bénin–Banouto, la rencontre s’inscrivait dans une dynamique de professionnalisation des pratiques journalistiques.
Placée sous le thème « Médias et VBG, informer sans blesser, dénoncer sans stigmatiser », cette causerie-débat a mis en lumière, selon Banouto, les défis quotidiens auxquels sont confrontés les professionnels des médias dans le traitement de ces sujets.
Des règles déontologiques rappelées
Invité principal, le président élu de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (ODEM), Dr Tanguy Agoï, a insisté sur le respect des règles encadrant la profession. Il a notamment rappelé les dispositions du Code de déontologie et de l’éthique des médias, qui impose la protection stricte de l’identité des mineurs victimes.
Selon le journaliste de Canal 3 Bénin, une information mal traitée peut aggraver la situation des victimes, en les exposant à la stigmatisation ou à de nouveaux préjudices. « Le journaliste n’est pas un juge. La radio, la télévision, le média en général n’est pas un tribunal », a-t-il martelé, appelant à plus de rigueur et de distance émotionnelle dans le traitement des faits.
Tanguy Agoï a également mis en garde contre la divulgation de sources sensibles, même avec leur consentement, soulignant la responsabilité du journaliste dans la protection des personnes impliquées.
Les médias, acteurs clés de la lutte
Au-delà des règles professionnelles, Banouto rapporte également que les échanges ont souligné le rôle stratégique des médias dans la lutte contre les VBG. Pour le président du RAME-VBG (Réseau des acteurs des médias engagés contre les violences basées sur le genre), Polycarpe Hounsou, ces violences continuent de sévir dans le silence, notamment dans les milieux scolaires, professionnels et institutionnels.
Face à cette réalité, les responsables du réseau appellent à une mobilisation accrue des médias pour briser l’omerta et sensibiliser les populations. Par ailleurs, cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions lancées en 2026 pour faire des médias un levier essentiel de prévention et de lutte contre les violences basées sur le genre.
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Bour-Han O. Amoussa
