Le gouvernement togolais est sorti de son silence dans l’affaire de l’arrestation de deux journalistes français interpellés fin juillet. Dans un communiqué publié le 22 août, les autorités affirment disposer d’éléments sérieux à leur encontre, tout en insistant sur le caractère administratif de la procédure.
Des « indices graves » avancés par les autorités togolaises
Quatre jours après la confirmation de leur arrestation par les autorités françaises, Lomé a apporté ses premières explications. Les réalisateurs Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, présents au Togo pour tourner un épisode de l’émission documentaire Les routes de l’impossible diffusée sur France Télévisions, sont poursuivis pour « fausses déclarations », rapporte RFI.
Selon un communiqué conjoint des ministères de la Justice et de la Sécurité, les deux journalistes ne disposaient pas des autorisations complètes requises pour leurs activités. Le document précise qu’ils s’appuyaient sur une autorisation délivrée au seul nom de leur collaborateur togolais, Fred Vedomey, sans mention explicite des deux ressortissants français.
Tournages hors zones autorisées et usage de drone
Selon Radio France Internationale, le gouvernement togolais reproche également aux journalistes d’avoir effectué des prises de vue dans des zones non couvertes par leur autorisation initiale, notamment dans la région des Savanes et la préfecture de la Binah, où ils ont été interpellés.
Autre point soulevé, l’utilisation d’un drone dont les caractéristiques n’auraient pas été déclarées en amont, en violation des règles en vigueur dans le pays.
Une affaire contestée par la défense et la profession
Du côté de la défense, l’avocat des deux réalisateurs, Martial Akakpo, affirme que ses clients contestent l’ensemble des faits qui leur sont reprochés. L’affaire suscite également des réactions dans le milieu médiatique togolais.
Le Patronat de la presse a dénoncé une procédure jugée inadaptée à l’encontre de professionnels en exercice. Une critique rejetée par les autorités, qui assurent que les poursuites engagées relèvent uniquement du non-respect des formalités administratives et non d’une atteinte à la liberté de la presse.
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Bour-Han O. Amoussa
