L’Assemblée générale de l’ONU a franchi un cap symbolique dans la représentation du monde. Elle a adopté, vendredi 4 septembre 2026, une résolution appelant à une restitution plus fidèle des dimensions réelles des continents sur les cartes, une initiative portée par le Togo au nom du Groupe africain.

Baptisé « Correct the Map », le texte a recueilli 164 voix favorables, contre une opposition (celle des États-Unis) et six abstentions. Il invite États, institutions éducatives, organisations internationales et entreprises technologiques à privilégier des projections cartographiques respectant les surfaces réelles des territoires.

Selon les informations relayées par Agence Ecofin, l’objectif affiché est de corriger les distorsions liées à certaines représentations classiques, en particulier lorsque la comparaison des tailles entre continents est essentielle.

La projection de Mercator remise en question

Au cœur du débat figure la projection de Mercator, largement utilisée depuis le XVIe siècle. Si elle facilite la navigation en conservant angles et directions, elle déforme les superficies, agrandissant visuellement les régions éloignées de l’équateur.

Cette particularité pénalise notamment l’Afrique, dont la taille réelle, environ 30,3 millions de km², soit près de 20 % des terres émergées , est souvent sous-estimée. Sur certaines cartes, le continent apparaît comparable au Groenland, pourtant près de 14 fois plus petit, précise le média. « Les cartes façonnent notre compréhension du monde », a déclaré le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, soulignant leur influence sur l’éducation et les perceptions collectives.

Au-delà de la géographie, un enjeu de perception

Pour Lomé et ses partenaires africains, cette démarche dépasse la simple précision scientifique. Elle s’inscrit dans une logique de « justice cognitive », visant à corriger des représentations héritées de l’histoire et jugées biaisées.

Toutefois, la résolution reste non contraignante. Elle ne remet pas en cause l’usage de la projection de Mercator, notamment dans les domaines maritime et aérien.

Son impact dépendra désormais de son appropriation par les systèmes éducatifs, les institutions et les acteurs du numérique, appelés à repenser leurs outils de représentation du monde.

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Bour-Han O. Amoussa

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