La polémique autour de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien prend une nouvelle tournure. Alors que son roman « C’était ça ou mourir », phénomène de la rentrée littéraire et sélectionné dans plusieurs grands prix, est accusé d’avoir été écrit avec l’intelligence artificielle, d’anciens textes de l’auteur font désormais l’objet d’accusations de plagiat.
Selon Raphaël Aspavati, l’accusation concernant le roman est partie d’un compte anonyme sur X, qui affirme, sur la base d’analyses réalisées avec un détecteur d’IA, que plusieurs passages auraient été générés artificiellement. Thélyson Orélien rejette ces accusations et affirme n’avoir jamais utilisé l’intelligence artificielle pour produire ses textes. À ce stade, ces analyses ne suffisent pas à établir comme un fait que le roman a été écrit par une IA.

Parallèlement, des médias québécois ont mis au jour des textes plus anciens attribués à l’auteur. La Presse rapporte notamment qu’une chronique publiée en 2013 serait, selon ses vérifications, une traduction légèrement remaniée d’un article paru auparavant dans The Philippine Star. Radio-Canada évoque également une nouvelle primée dans les années 2010 contenant des passages tirés de « Le Matin des magiciens », de Louis Pauwels et Jacques Bergier.
Ces révélations ont donc ajouté une seconde dimension à la controverse. Les accusations concernant l’utilisation supposée de l’IA pour le roman de 2026 et celles portant sur des textes antérieurs doivent toutefois être distinguées.
De son côté, l’éditeur Les Éditions du Boréal a indiqué prendre les allégations au sérieux et vouloir faire toute la lumière sur les accusations visant l’auteur et son roman.
La controverse place désormais Thélyson Orélien au centre d’un débat mêlant création littéraire, intelligence artificielle, originalité des œuvres et responsabilité éditoriale.
Le Goncourt retire le roman de sa première sélection
L’affaire a depuis pris une nouvelle dimension. Dans un communiqué, l’Académie Goncourt a annoncé le retrait de C’était ça ou mourir de sa première sélection. Elle explique cette décision par les révélations concernant les plagiats attribués à l’auteur ainsi que par « le résultat convergent de plusieurs analyses » mettant en avant l’hypothèse d’un recours important à l’intelligence artificielle dans la production du roman. L’Académie affirme ainsi vouloir préserver l’intégrité du prix Goncourt et indique ne pas cautionner les textes générés avec l’aide de l’IA. La deuxième liste du prix doit être rendue publique le 6 octobre 2026.
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La Rédaction
